LES MÊMES, LE CALLMET DE LA PAIX
(L'apparition de ce personnage est accueillie par les grognements sympathiques de Tauditoire, qui s'endort aussitôt).
Arrivent les poètes, vêtus de longues robes noires, et précédés de l'image crucifiée de la Beauté.
(Ce rôle est peut-être joué par une des vierges qui n'a pas trouvé d'époux. Elle mourra du mystère qu'elle porte en elle. Les poètes, non plus qu'elle, n'y comprendront rien.)
Voix d'Ollendorff dans la coulisse. — Entrée des éditeurs.
Les poètes poussent des gémissements : Frères, il faut mourir ! — Mais, écoutez, toujours les violons uniques :
Ah ! ail ! la vie !
Ah ! ah ! la morl !
POÈMES EN PROSE IlT)
Le Caiunietde ia Paix, profitant tic l'émotion générale, va boire un verre dans le voisin»ige. — Les poètes songent à la Postérité, ivre des livres. — Les éditeurs sont partis.
« Cette jeune (ille a l'air trop trisie, voyezvous ? »
(Comme un qui ne sait pas qu'on a entendu des bruits dans le mur) : « Oui, l'air de la campngne lui ferait du bien » .
« — Je suis perdue, me dit-elle, je vous ai attendu trop longtemps dans le bois ; — prenez garde aux mauvais rhumes ; — portez-vous de la flanelle, seulement ? »
— « Oh ! répondis-je, les bois sont si peu surs la nuit et c'est si loin de vos cheveux ! »
— « N'est-ce pas ? dit-elle, moqueuse. » (Je sentais de la douleur dans son rire).
(Puis, toujours cet air qui nous poursuit!) Les violons s'exaspèrent dans l'éloignement, à petites pauses. — Leur voix ressemble beaucoup à celle des cloches, — Ils sont partis pour les étoiles où, sans doute, ils trouveront à vivre mieux qu'ici.
1 1 G 1H)È>ÏES EN PROSE
La pièce est finie, la toile tombe, la foule se retire lentement.
— (( Monsieur ! » — « Oui, monsieur » — Vous dites... on vous a écrasé votre chapeau dans une loge. Cela ne me regarde pas. Je ne suis pas chapelier. Je suis le directeur du théâtre.
D ailleurs nous sommes très occupés... Des incidents fâcheux...
La jeune fille qui jouait le rôle de Beauté vient de mourir. Elle m'a prié de l'excuser auprès de vous.