‹ Poèmes en proseChapitre 30 sur 45 · CHANSON OPPORTUNE · texte numérisé non relu

CHANSON OPPORTUNE

CHANSON OPPORTLNK

Ce furent d'abord, Madame, vos yeu\ ; fermons la fenèlre, voulez-vous, nous serons bien mieux pour causer. Je ne sais pas pourquoi nous avons un hiver si triste. Ce furent d*abord, Madame, vos yeux. — Mais, si peu, vos yeux. — Des lanternes rouges d'omnibus passent sur le boulevard.

Puis, ce fut ta chair, mais toute ta chair. Et quand mes caresses te touchèrent, il me sembla sculpter dans l'or malléable de tes formes une statue de la joie. — Puis, ce fut ta chair, mais si véritablement ta chair, — que tous les vieillards les yeux s'en bouchèrent.

Puis, ce fut ton cœur, mais, si peu, ton cœur ! Ton cœur est comme un grand théâtre, avec des musiques, du rouge et des flambeaux. — Et des femmes disent avec de beaux gestes de beaux vers

I()) POEMKS EN PHOSE

sans aine, el dos amoureux sont au balcon, ainsi que (l'auUes dames, toutes cesdamesau balcon î Ma mélancolie a noué son masque, et des violons chantent l'air moqueur : puis, ce fut ton cœur, mais, si peu, ton cœur.

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