‹ Poèmes en proseChapitre 34 sur 45 · L'AME INVISIBLE · texte numérisé non relu

L'AME INVISIBLE

C'est on pâlissant sur les livres que j'avais trouvé le secret — .

Enfermé dans le pcntagramme, les formules prononcées, je m'étais enveloppé de l'ombre comme d'un manteau — mon âme était dès lors invisible et passait par les allées du jardin bordées d'immortels acacias. Elle allait, furtivement, vers les âmes visibles qu'elle aimait, et les baisait sur la bouche.

D'autres fois, elle se penchait sur le bord des fleuves et s'amusait à ne pas voir son reflet.

Sur l'herbe arrosée de nuit, elle glissait comme un souffle vers les tombeaux ornés d'écritures égyptiennes.

Mais les voleurs d'âmes sont venus. Leur main repliée élevé une cape noire jusqu'aux yeux, leurs pas sont de feutre, leur cœur a la haine du dis- ]>ai*u .

•n 'l POÈMES EN PROSE

Il avaient épié mon âme elsavaienlla route qu'elle suivait ; à paroles murmurantes, ils se chuchotaient entre eux qu'elle était là, sans la voir.

Ils ont tâtonné dans la nuit, les gestes en avant, les yeux fermés, et leurs doigts frôleurs ont heurté mes ailes, et les ailes sont apparues.

Le corps entier de mon âme s'est dévoilé peu à peu. Tombée du mystère, elle a touché le sol semé de fleurs noires — . C'est maintenant une chose naturelle et triste pour toujours.

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