‹ Poèmes épars de Joseph Lenoir-Rolland, 1822-1861Chapitre 14 sur 28 · ROMANCE · texte numérisé non relu

ROMANCE

J'ai vu, j'ai vu la Bayadère, Cette fille au corsage noir, Au front limpide, à l'œil sévère, Jolie enfant, bien belle à voir.

Sa main droite pressait sa hanche L'autre élevait un tambourin, Et les plis de sa robe blanche Voilaient ses souliers de carmin!

Quelqu'un lui disait: "brune fille, Je veux te donner autant d'or Qu'en peut contenir ta sébille, Si tu me permets. . . doux trésor!.

Sa main droite pressait sa hanche L'autre élevait un tambourin, Et les plis de sa robe blanche Voilaient ses souliers de carmin!

Elle repoussa, sans mot dire, L'étreinte de l'homme brutal, Puis, revint avec un sourire, Danser sur le pavé fatal!

Sa main droite pressait sa hanche L'autre élevait un tambourin, Et les plis de sa robe blanche Voilaient ses souliers de carmin!

Pauvre vierge! qu'elle était belle!. . .

Elle est morte! et je me souviens Des longs éclairs que sa prunelle Lançait quand elle lui dit: "Viens!" Sa main droite pressait sa hanche L'autre' élevait un tambourin, Et les plis de sa robe blanche Voilaient ses souliers de carmin!

Montréal, 5 juillet 1848.

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