‹ Poèmes épars de Joseph Lenoir-Rolland, 1822-1861Chapitre 13 sur 28 · DAYELLE — ORIENTALE · texte numérisé non relu

DAYELLE — ORIENTALE

Dayelle — Orientale

L'âme triste est pareille Au doux ciel de la nuit, Quand l'astre qui sommeille, De la voûte vermeille A fait tomber la nuit.

Lauartinb.

Douce brise du soir, haleine parfumée, Qu'exhale, en expirant, le vaste sein du jour, Ah puisses-tu bientôt, sur la couche embaumée Où Dayelle s'agite (oh! je l'aï tant aimée), Porter à son oreille un mot de mon amour! Allah, je n'ai plus rien qu'un chétif dromadaire. Un fakir, l'autre jour, m'a ravi mon caftan. Une Circassienne, achetée au vieux Caire,

A tué ma cavale Et je suis solitaire,

Comme un des noirs muets du sérail du sultan. Car, voyez-vous, c'est elle une odalisque pâle, Dont l'œil étincelle au milieu de ses pleurs, C'est elle qui voulut que ma rouge cavale, A force de courir, devînt, comme l'opale, Blanche sous son écume et pleine de douleur.

Que la tente où parfois tu vas dormir, ma belle, Quand le simoun en feu règne sur le désert, Te soit une oasis, où ton pied de gazelle Se pose sans frémir. Que ton coursier fidèle Y trouve une eau limpide, un gazon toujours vert. Douce brise du soir, haleine parfumée, Qu'exhale en expirant, le vaste sein du jour, Ah puisses-tu bientôt, sur la couche embaumée •Où Dayelle s'agite (oh! je l'ai tant aimée!), Porter à son oreille un mot d'amour!

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