MEILLERAYE
A mes yeux fatigués j'ai fermé Ta venir; Elle y manque à jamais; que serait-il sans elle? Mais mon cœur se souvient ^ et d'un regret fidèle Suit toujours le passé, qui ne peut revenir.
Tous mes amis , pourtant , les amis de mon âge , De gloire et de bonheur s'enivrent tour à tour : Je suis jeune comme eux : que sert d'être plus sage ?. Mais , bien plus que le temps, le malheur décourage.. Mais la jeunesse est dans l'amour.
Toi , celle que j'aimais, je t'aime et je t'implore ;
Ombre qui m'as coAté tant de vœux superflus , Ange consolateur, sous l'image d'Isaure, Rappelle- moi bientôt; que puis- je faire encore Sur cette terre où tu n'es plus?
En attendant ma délivrance, Cloître de Meilleraye, où s'endort la souffrance. Je veux sous tes arceaux U*aSner mes jo|u*s de deuil ;
MEILLEBAYE. 85
Me6 pas ont visité tes murs où Tesperance S'assied à côté du cercueil.
Là, j irai me laver de cette fange immonde Dont Tame se salit à travers les cités , Et dans ce port ouvert aux naufragés du monde Recueillir mes destins trop long- temps agités.
La, sur le seuil du temple exilant ma prière, rirai m'unir de loin aux chants religieux , Et mêler humblement quelques grains de poussière A Pencens épuré qui monte vers les cieux.
Un saint exil est salutaire A ceux qu'avaient séduits les choses d'ici- bas; Néant et vanité sont les biens de la terre ; Les cherche désormais qui ne les connaît pas!