‹ Poëmes et chants élégiaquesChapitre 18 sur 40 · L'HYMEN · texte numérisé non relu

L'HYMEN

Chypre vous a tresse des guirlandes de fleurs »

Colombes de Dëkîs; que \oXte aile folâtre

Sur le front d'mhe vierge » aux rêveuses douleurs »

Et » comme vous, au cou d'albâtre , Joue avec le sourire et les timides pleurs.

Est-ce la^flûfe libyenne , Hymen , dont tu chéris les accords ravissants ? Hymen, aimes -tu mieux les sons retentissants

De la trompette œchalienne?

La cymbale écatante et le luth gracieux

S'unirent jadis dans ces fêtes, Oà du vert Pholoë les nymphes satisfaites Virent, ô Lycaon, l'hymen de tes aïeux.

Qu'il fut beau, ce moment où la fille des ondes , Thëtis , aux yeux d'asur, aux longues tresses blondes,

loo L'HYMEN.

Jeune Thessalien, accueillit ton amour,

Et, pour des bras mortels quittant les mers profondes ,

Vint du Pënée ombreux enchanter le séjour!

Festins pompeux ! danses légères !

Tous les dieux de l'olympe et les simples bergères , Les Muses agitant le luth ëolien.

Centaures, et tritons, et nymphes bocagères, Cëlëbraient à Tenvî ce fortune lien.

Parcourant la table enivrëe ,

Le bel échansoU phrygien

Emplissait la coupe dorée;

Et durant la pompe sacrée.

Autour des époux sans rivaux,

Toutes les filles de Nérée Entrelaçant leurs bras formaient des chœurs nouveaux.

Alors se leva le centaure ; Le nectar et la lyre enflammaient ses accents;

L'HYMEN. loi

De sa lyre sublime il n*a\ait pas encore Tiré des sons aussi puissants.

Il chanta les amours, et les siècles antiques; Jupiter, aigle ou cygne , ou taureau mugissant : Et tout à coup Achille, Achille menaçant Jaillit de ses chants prophétiques,

Giiron le revêtit des présents de Yulcain ,

Le jeta tout armé dans les flots du Scamandre ,

Et pour combattre Hector Ten retira soudain ;

Il se tut.... et les Dieux au loin crurent entendre

Sous les murs d'Ilion rouler son char d*airain....

El la veuve d'Hector pousser loin de sa cendre

Pe longs gémissements dans l'avenir lointain...

LE DESTIN. io3

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