L'HYMEN
Chypre vous a tresse des guirlandes de fleurs »
Colombes de Dëkîs; que \oXte aile folâtre
Sur le front d'mhe vierge » aux rêveuses douleurs »
Et » comme vous, au cou d'albâtre , Joue avec le sourire et les timides pleurs.
Est-ce la^flûfe libyenne , Hymen , dont tu chéris les accords ravissants ? Hymen, aimes -tu mieux les sons retentissants
De la trompette œchalienne?
La cymbale écatante et le luth gracieux
S'unirent jadis dans ces fêtes, Oà du vert Pholoë les nymphes satisfaites Virent, ô Lycaon, l'hymen de tes aïeux.
Qu'il fut beau, ce moment où la fille des ondes , Thëtis , aux yeux d'asur, aux longues tresses blondes,
loo L'HYMEN.
Jeune Thessalien, accueillit ton amour,
Et, pour des bras mortels quittant les mers profondes ,
Vint du Pënée ombreux enchanter le séjour!
Festins pompeux ! danses légères !
Tous les dieux de l'olympe et les simples bergères , Les Muses agitant le luth ëolien.
Centaures, et tritons, et nymphes bocagères, Cëlëbraient à Tenvî ce fortune lien.
Parcourant la table enivrëe ,
Le bel échansoU phrygien
Emplissait la coupe dorée;
Et durant la pompe sacrée.
Autour des époux sans rivaux,
Toutes les filles de Nérée Entrelaçant leurs bras formaient des chœurs nouveaux.
Alors se leva le centaure ; Le nectar et la lyre enflammaient ses accents;
L'HYMEN. loi
De sa lyre sublime il n*a\ait pas encore Tiré des sons aussi puissants.
Il chanta les amours, et les siècles antiques; Jupiter, aigle ou cygne , ou taureau mugissant : Et tout à coup Achille, Achille menaçant Jaillit de ses chants prophétiques,
Giiron le revêtit des présents de Yulcain ,
Le jeta tout armé dans les flots du Scamandre ,
Et pour combattre Hector Ten retira soudain ;
Il se tut.... et les Dieux au loin crurent entendre
Sous les murs d'Ilion rouler son char d*airain....
El la veuve d'Hector pousser loin de sa cendre
Pe longs gémissements dans l'avenir lointain...
LE DESTIN. io3