CHŒUR DU TROISIÈME ACTE
£( ÏD^^tin.
yj àe^n , puissance indomptable, Dont le sourire même est souvent redoutable ! Tu n*es )ioint le hasard , mais des arrêts des dieux
L'exëcuteur mystérieux ;
Et ta foudre est inévitable.
io4 LE DESTIN.
Cest le plus grand des immorteb , Le dieu qui d'Olympie a choisi les autels ,
Qui sur la terre consternée
Précipite la destinée , Invisible , mais sûre , et terrible aux mortels.
Le destin, nouveau Briarée, Le destin aux cent bras , de tous côtés épars , Enveloppe, poursuit, atteint de toutes parts ;
Nulle retraite n'est sacrée ; Il se glisse à Tautel, il force les remparts.
Fuyez l'autel complice et les remparts fragiles ;
Fuyez...., mais ces rames agiles, Ces ailes que Gorcyre attache à ses vaisseaux , Mais le char du vainqueur, qui déjà sans rivaux Dévore les champs de i'Élide ,
LE DESTIN. io5
Mais Éole irrité lai-méme est moins rapide Lorsqu'il rase en courant la surface des eaux.
Qu'aviez-vous fait aux dieux, enfants des Labdacides, Tous au crime opposés , tous- au crime asservis ? Frères entr'égorgés, incestes, parricides.
Cadavres sans tombeçiu , rois et sujets perfides , Nul crime ne manquait; et les destins avides
Ne furent jamais assouvis.
Ud dernier rejeton de cette noble tige Dans' la cendre des morts s'élevait sans appui. La flamme sépulcrale autour de lui voltige ; Il se dessèche et meurt. . . misérable vestige, La terre a dévoré ce qui restait de lui.
Vallons, coteaux chéris de l'amant d*Érigone, Fontaine de Dircé dont les flots sont si doux.
io6 LE DESTIN.
Avez -voiis entendu les âdêeux d'Antigone?
Ses derniers adieux sont poiùr vous.
De sa triste famille elle meurt la dernière ;
Elle meurt. . . qui viendra recueillir sa poussière ?
La vierge est sans parents et n'eut jamais d'ëpoux
Rësîgne-toiy vierge sacrée :
Le destin te poursuit; expire sous ses coups , Expire s§ns dëfense, et sans être pleurée.
L'AMODIL ZJ07
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