‹ Poëmes et chants élégiaquesChapitre 21 sur 40 · L'AMOUR · texte numérisé non relu

L'AMOUR

Reçurent la fille d'Ismène Frënëtique , et livrée au courroux de Vi^nus.

Venus y garde-nous sous tes heureux auspices !

Que nous servent les sacrifices Aux autels que T Alphëe entoure de ses flots ? Que nous sert d'honorer le palmier de Dëlos , £t le trépied Delphique et ses vains aruspicés ? Peuples, c'est la déesse aux regards tout puissants',

Cest Vénus qui veut notre encens.

Assise sur la poupe , en jeune Néréide ,

Argo la vit sourire au jeune fils d'iEson ,

Et bientôt, dans les champs de l'avare Golchide ,

A tous les monstres d'Hespéride Ravir , en se jouant , la fatale toison.

Dieux ! fille d'OËétès , quelles chairs palpitantes

S*agitent dans tes mains de meurtre dégouttantes

iio L*AMOUR.

Oh ! refuse à Venus ton sacrilège bras :

Fille horrible* en fuyant, tu jettes à loti père Les lambeaux sanglants de ton frère , Tu sèmes son fils sur ses pas.

Sur le prophitftiqpe navire Venus est remontée ; et la fille des mers N'est plus la Nërëide au oëleste sourire ;

Cesl une fille des enfers ; Elle a suivi Jason dans la cite d'Ëlphire. *

]M[alheureux ! entends^u ces longs/ gémissements ? Tes fib n*ont plus de mère ; et, tu n*as plus d'épouse. Une épouse nouvelle attendait tes serments ;

Elle expire dans les tourments ; Car ce n*est pas en vain que Médée est jalouse.

O Gorinthe , reine des flots !

Jeune vierge promise aux pompes dlolchos !

* C«HBtli«.

UAMOUR. III

Voile , lit nuptial , guirlandes^embaumëes !

Espérances du cœur si vite consumées !

C'en est fait ; à travers les cris et les sanglots ,

Médée a répandu ses larmes enflammées , Mille fois plus envenimées Que tous les poisons de Golchos...

O Vénus , sois propice à ces rives aimées; Visite , 6 Dioné , tes autels de Paphos.

2lflar et 3j5ma^l;

lO.

Dieu lai.ssa-t-il jamais ses enfants au besoin ?

Raciite. — Athalie.

AGAR ET ISMAEL. ii5

Zjinr H J^mMl

•Lie vent souffle au dësert , mon fils, arrêtons-nous

Ta bouche est presque sans haleine :

Reposons-nous ici : tes yeux s'ouvrent à peine ; Tu dormiras sur mes genoux.

Non , laisse-moi chercher un fruit qui te soutienne ; L'ombre de ce palmier du soleil te deTend ;

ii6 AGAR ET ISMAËL.

En attendant que je revienne , Dors , si tu peux , mon cher enfant. »

Et la mère, tremblante, et cachant ses alarmes , Ne vit qu'un sable aride , et se prit à courir : Puis s'assit à l'écart , s'écriant toute en larmes : « Je ne veux pas le voir mourir.

Il pleure , et pour calmer la soif qui le dëvore Dans ce vaisseau d'argile il ne reste plus rien ; Nous ne sommes pourtant qu'à la troisième aurore La tente d'Abraham à Gessen brille encore , Et mon fils est aussi le sien!..

Lui qui fut si joyeux de ton premier sourire , Mon fib , tes derniers pleurs l'ont à peine attendri Et moi , qui l'aime encor, dans mon fatal dëlire , Je maudis ma beauté , ce sein qui t'a nourri ; Mais lui , je ne puis le maudire.

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