‹ Poëmes et chants élégiaquesChapitre 22 sur 40 · AGAR ET ISMAEL · texte numérisé non relu

AGAR ET ISMAEL

Que me reproche-t-il ? ai-je pris du repos ,

Lorsque ses moissonneurs descendaient des montages?

Ai-je de la citerne ëcartë se» troupeaux ?

Ne Tai-je pas aime plutôt que mes compagnes?

Debout près de sa tente , où j'ai cru demeurer, Payez , nous a-t-il dit ; j'ai fui sans murmurer :

Je sais que son cœur me regrette :

Car, en obéissant , j*ai dëtoumë la tête ,

Et j'ai vu mon maître pleurer.

A ceux de Chanaan un dieu s'est fait connaître : Ce dieu jaloux des siens me proscrit aujourd'hui ; Moi je suis de Moab : j'appartiens à mon maître, Et je n'ai d'autre dieu que lui.

De mes pleurs cependant ma rivale se vante , Et mon maître me chasse , et l'exil est cruel...

ii8 AGAR ET ISMAEL.

Je n'étais , il est vrai , que son humble servante : Mais j'étais mère d'Ismael.

Un grand peuple , dit-on , est promis à sa race : Eh bien ! mon Ismael n'est-il pas jeune et beau ? Mais , à ses yeux , mon fils , tu n'as pu trouver grâce; Et tu vas , de mes bras , passer dans le tombeau.

Bientôt, sous ce palmier , je creuserai la terre ; ( Car, je l'espère au moins , tu mourras avant moi.)

Puis sur ta fosse solitaire Moi , je me coucherai pour dormir comme toi.

Mes restes, je le sais, j'en suis presque contente,

Ne seront pas ensevelis :

Quand mon maître du moins sortira de sa tente, Mes os lui marqueront la tombe de son fils. »

Se levant à ces mots , inquiète , égarée , -

Elle court aii palmier, dans un trouble mortel ,

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