AGAR ET ISMAEL
Que me reproche-t-il ? ai-je pris du repos ,
Lorsque ses moissonneurs descendaient des montages?
Ai-je de la citerne ëcartë se» troupeaux ?
Ne Tai-je pas aime plutôt que mes compagnes?
Debout près de sa tente , où j'ai cru demeurer, Payez , nous a-t-il dit ; j'ai fui sans murmurer :
Je sais que son cœur me regrette :
Car, en obéissant , j*ai dëtoumë la tête ,
Et j'ai vu mon maître pleurer.
A ceux de Chanaan un dieu s'est fait connaître : Ce dieu jaloux des siens me proscrit aujourd'hui ; Moi je suis de Moab : j'appartiens à mon maître, Et je n'ai d'autre dieu que lui.
De mes pleurs cependant ma rivale se vante , Et mon maître me chasse , et l'exil est cruel...
ii8 AGAR ET ISMAEL.
Je n'étais , il est vrai , que son humble servante : Mais j'étais mère d'Ismael.
Un grand peuple , dit-on , est promis à sa race : Eh bien ! mon Ismael n'est-il pas jeune et beau ? Mais , à ses yeux , mon fils , tu n'as pu trouver grâce; Et tu vas , de mes bras , passer dans le tombeau.
Bientôt, sous ce palmier , je creuserai la terre ; ( Car, je l'espère au moins , tu mourras avant moi.)
Puis sur ta fosse solitaire Moi , je me coucherai pour dormir comme toi.
Mes restes, je le sais, j'en suis presque contente,
Ne seront pas ensevelis :
Quand mon maître du moins sortira de sa tente, Mes os lui marqueront la tombe de son fils. »
Se levant à ces mots , inquiète , égarée , -
Elle court aii palmier, dans un trouble mortel ,