X.A PRIÈRE. ai
Un prophète à sa voix n*ose se confier :
Et quand la Sunamite à ses pieds s'humilie, L'homme de Dieu, tremblant sous le manteau d'Élie, Auprès de l'enfant mort s'enferme pour prier.
Prions ; Dieu nous l'a dit ': que notre ame oppressée. Aux marches de Pautel répande avec ferveur Cette huile de parfums dont Marie empressée Arrosait les pieds du Sauveur.
MouvattfSi.
MOURONS, aai
Mouvons.
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KJvif mourons ; aussi bien espérer est un cirime ; £t pour le désespoir, vivre est un long tourment. Mourons: abandonnons au sort qui nous opprime, LVtemel avenir et ces jours d'un moment :
aaa MOURONS.
Ta vois que la tempête a dëcbirë nos voiles; Uvrons-nous à ces mers où nous sommes pousses ; Le nautouier perdu sous un ciel sans ëtoiles Appartient aux flots courrouces.
Disparaissons tous deux; viens, 6 ma jeune amie! Viens; de tous nos instants ce sera le plus doux ; L'un sur Tautre appuyés , notre ame est affermie : Que la vague du temps roule et passe sur nous.
Pourquoi lutter en vain? notre force est brisée. Fuyons : le crime est là... Peut-être le bonheur!... Le bonheur sans vertu!.. Sur la terre embrasa,
Le plus beau matin , sans rosëe,
Dessèche le fruit dans sa fleur.
Et pourtant, si le sort eût, d'un œil favorable. Regarde nos chastes amours;
MOURONS. %%l
Si le prêtre auK autels eàt» par qq nœud durable, Assemble nos premiers beaux jours.
Fëlicitës du cœur ! ineffables dëlices !
Charme mystérieux , au vulgaire inconnu J Tout ce que tes désirs, de mes désirs- complices, Rêvent sans Fespérer, nous eût appartenu.
Jeune, et de ton bonheur et*du mien embellie, Tes pas m'auraient suivi sur ces bords gracieux. Favorisés des arts , des amours et des cieux , Dans tous ces beaux jardins de la belle Italie , Où Ton dit que Ton s'aime mieux.
Mais non , plus loin du monde , et dans mes Pyrénées ( La solitude est bonne alors qu*on est heureux) Dans un étroit vallon, bien désert, bien ombreux.
%%i MOURONS;
Où les eaux des torreDU, à grand bruit entrahiëes , Roulent des cailloux d'or qui se heuitent entr^eux.
LÀ , je t'aurais chanlëe, adorée et servie; Là, ton moindre désir eût renoontrë mes vœux : Et j'aurais vu couler tous les jours de ma vie Aussi doux que le jour de tes premier» aveux.
Mais le bonheur de l'homme est- il sur cette terre? Dieu l'abaudonne-t-il à nos vœux indiscrets?
Et des destins morteb le plus noble mystère , La douleur nous a- 1 -elle expliqué ses secrets ?
La douleur est sacrée; elle épure et console Ceux qu'une ardente foi jette dans Faveniv; Certains dans leurs tourments que la nuit qui s'envole Laisse un jour radieux qui ne'dek plus finir.
MOURONS. aft5
Mais ceux dont la constance à vaincre s'est usëe, Cèdent, luttent encore, et cèdent sans retour : Et moi , je sens , comme eux, que mon ame épuisée A moins de force que d*amour.
Grand Dieu ! ma vie est pure et je veux le la rendre : Les dons que tu m*as faits sont funestes pour moi ; Mais , si tu veux encor qu'ils soient dignes de toi , Ne tarde pas à les reprendre.
Je languis et je brûle... et mon front abattu Se lasse de porter le poids de la souffrance. Mon cœur est altéré d'amour et d'espérance, Et s*accase de sa vertu.
D'autres,en ces beaux jours où, sous nos frais ombrages, Avril s'enfuit en souriant ,
2ift6 MOURONS.
Où dans un ciel d'azur, ceint de lëgers nuages,
L'étoile de Venus se glisse à l'Orient,
Vont demander aux champs un bonheur solitaire , Et le soir, en famille, y caressent long- temps Leur bel enfant plus beau dans les bras, de sa mère, Plus frais c^ue les fleurs du printemps.
'Mais nous , point de bonheur en aucun lieu du monde : Comme pour la vertu, pour le crime impuissants. Esclaves tour-à-tour et de l'ame et des sens , Criant, du fond du cœur, sans que Dieu nous réponde.
Mourons : que pouvons-nous contre des deux nagrats ? Nous ne saurons jamais, l'un à l'autre funestes,, Quelle part a l'amour dans les faveurs célestes ; Jamais un jeune enfant caressé dans nos bras. . . Un enfant, ai-je dit! et le tien !.. tu vivras.
£e Uenhe}-V0u».
Que le sort nous sépare > ou bien qu'il nous rassemble , Jetescntf fifMe» à mesjeoncs aaiewrsl H^s ! noas n*avons pas juré de vivre ensemble , Mais noas avons jore de nous aimer toujours.
Jvi.>s BB RassBaviBS.