DÉLIVRANCE DE L'ESPAGNE
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Monarques, du vainqaeor salocx 1« cortège; L'exila de Hartwell à son tour vous protège ; Semblabls à œs héros , bennis par les Romains , Qni de Rome , bientôt» redevenaient l'idole , '
Et de l'exil , au Gapitole.
Passaient pour triompher du Parthe ou des Germains.
A SovKXT. — Ode iur la guerre tTEepagme.
Ah I malheur lorsqu'au sein des États menacés , Des germes factieux fermentent amassés , Et que le peuple enfin , las de sa longoe enfance , S'empare horriblement de sa propre défense!
E. DxscHAXTS. — JLc CfecAf.
CADIX. a35
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€alfix.
Il est une cite dont les bases puissantes Rompent incessamment les vagues mugissantes , Et qui , parant son front des plus riches couleurs , Gomme un gëant des mers qui sourit aux tempêtes ,
Pour d'éternelles fêtes , Semble , à chaque soleil , se couronner de fleurs.
%Zë CADIX.
CeaU Cadix : on ^nàt que la terre attentive Par un lëger lien la retient à la rive , Comme , au bout d*une chaîne , un saphir ëclatant; De peur qu'en l'effleurant , une vague amoureuse
Vers quelque plage heui*euse Ne Tentraine , le so(r, comme un jardin flottant.
Mais que lui serviront les tr^ors qu'elle ëtale , Et de ses toits fleuris la pompe orientale ?
Un double airain l'assiëge en ses palais dëserts : Et ses fib , descendus en leurs roches profondes.
Frémissent sous les ondes , Au double bruit prochain des assauts et des mers.
Le bronze foudroyant qui sujr eux toni^e et tombe , Sous les toits embrases creuse une vaste tombe
Où ses débris moiiets éclatent tour-à-tour;
Et d'une étroite brèche ouvrant ces voûtes -sombres,
Montrent de pâles ombres Qu'au fond de leur retraite épouvante le jour.
Sauve y reine des mers , ta brillante couronne Du déluge de feux qui déjà l'environne !
Que ton roi prisonnier soit libre en ta faveur : Et surtout ^ rends les airs à sa douce coloinbe
Qui gémit et succombe , Et sous l'aile, pourtant , tient le rameau sauveur.
O du vieux roi saxon auguste et jeune fille ! Du monarque espagnol la royale famille, Pâle de ton effroi , te regarde en tremblant : Et toi, d'un soin pieux, kii cachant tes alarmes.
îi38 CADIX.
Ton œil noyë des larmes A rhorizon lointain salue un drapeau blanc.
Saint drapeau de nos rois , ta couleur est sacrée ; Des monts de Lombardie aux murs de Cësarëe , Chaste et dernier linceul de nos Bayards mourants , Gage de délivrance à TËurope asservie , Même aux champs de Pavie , Long-temps reste debout, tu tombas dans nos rangs.
Et lorsqu'on t'imposa des couleurs infidèles , La victoire aussitôt te voila de ses ailes , Et de nouveaux lauriers te couvrit à dessein : Comme une jeune mère , en ses vives tendresses ,
Punit par des caresses L'enfant qui d'une erreur va rougir dans son sein.
Qae dis-je? les Français, sur la tente guerrière N'ont jamais vu flotter qu'une seule bannière :
Celle que la victoire agita sans repos
Aux plaines de Wagram comme aux champs de fiouvines ,
Ceints de palmes divines , Ils n'ont jamais change de cœur ni de drapeaux.
Oui , le noble ëtendard où s'attacha naguère La cendre de Moscou sur les sables du Caire , Dans leurs vaillantes mains fut toujours aflermi : Et l'honneur , consacrant sa couleur solennelle ,
Ne vit jamais en elle Que la poudre des camps et le sang ennemi.
Roncevaux a revu les preux de Charlemagne ; Le soleil d'Austerlitz s'est levé sur l'Espagne ;
Le glaive de Rocroy s^agite , encoi* sanglant ; Et le cœur d*un Bourbon , ouvert à toute gloire.
Bat aux cris de victoire Que le Tage a reçus des ëchos de Friedland.
Il restait une palme à vos mains ëchappëe , Qui lassa d'un vainqueur l'infatigable ^pëe : Français, un fils de France , à la brèche monte , De ce dernier trophëe a pare votre tête ;
Et par cette conquête L'Europe n'a plus rien que vous n'ayez dompté.
Quels sont-ils ces vainqueurs que des Tètes attendent ? Que par ambassadeurs les villes se demandent , Et dont le bras protège et combat tour-à-tour? L'Espagne a cru renaître aux temps chevalcresqueiy
ODE. 2/,i
Et des balcons moresques Jette sur eux des fleurs et des regards d'amour.
L'Espagne avait naguère en ses rangs unanimes Des pièges , des poignards , des forfaits magnanimes Alors que descendit sur ses bords ébranles Cet homme qui, marchant plus loin que sa fortune,
De sa gloire importune Tourmentait son empire et son camp dépeuplés.
Long-temps , pour imprimer une leçon austère , Dieu, comme un sceau d'airain, Tappuya sur la terre Puis , un souffle abattit ce colosse d'orgueil ; Et rejeté d'en haut , tout chargé de couronnes ,
Par-delà tons ses trônes , Il alla se briser, sans bruit » contre un écueil.
Ainsi , de FÉtemel la justice profonde , Alors qu'elle intervient aux affaires du inonde , S'y rëvèle soudain par des coups éclatants ; Et s'attachant toujours aux plus hautes victimes ,
Ses fureurs légitimes Aux yeux épouvantes les exposent long-temps.
Et , pour les renverser , quand son bras les soulève , Tons ces grands insensés que sa vengeance élève. S'applaudissent du cœur et ne soupçonnent pas Qu'il les porte si haut , pour qu'à l'heure fatale ,
Leur chute triomphale Dans l'immense avenir jette un plus long fracas.
Ainsi , des factions sur l'Espagne étendues., Dieu ramasse, à Cadix, les fureurs éperdues
Pour y frapper enfin le coup qu'il retenait. . . .
£b , quel est le vengeur qu'arme sa main puissante ?
Leur victime récente , ' Qui s'en va consoler des malheurs qu'il connaît.
fiourbon fait de l'honneur le seul prix du courage Aussi , dans sa conquête , affermi d'âge en âge , Riche de ce qu'il rend , fort du glaive et des lois , Voyez-le remonter aux vertus de sa race
Dont lui marquent la trace Soixante rois d'aïeux , et huit cents ans d'exploits.
Cadix a reconnu le vainqueur digne d'elle ; Cadix l'a salue du premier cri fidèle ; Et l'Europe attentive a béni nos succès.
Elle a des envoyés auprès de notre gloire :
Et , daus notre victoire , Des fik, nës Imn dé nous , dont l*iioiineur est français.
O du rang le plus noble auguste déférence î... Le prince de Savoie est grenadier de France : Cest son rang de valeur surtout qu'il veiit garder. Peuples dont Cangnan doit occuper le trône ,
Préparez sa couronne; Qui servit avec nous , ailleurs doit commander.
Triomphe à nos guerriers qui , des vastes Espagnes , Comme un fleuve propice , inondant les campagnes , Ont rendu leurs exploits si féconds en bienfaits ! Et que , du Trocadère et des champs de Galice ,
Leur gloire rejaillisse Sur ceux dont la pensée enfanta ces hauts faits !
Déjà, sur tous les points de TEurop^ affranchie, Avec ses mille bras renaissait Tanarchie De ses derniers lambeaux, , au hasard rassembles : Et, d'un trop faible poids foulant sa masse immonde ,
Tous \ef3 trônes du monde Quand elle respirait se sentaient ébranlés.
Mais Bourbon a saisi son armure sacrée Il vole , atteint , surprend le nouveau firiarée , Se jette tout armé dans ses bras impuissants ; Et , frappant droit au cœur le géant qui recule ,
Aux colonnes d'Hercule Montre un autre vainqueur des monstres renaissants.
Telle, aux temps merveilleux , d'une tombe rëceûtc S'échappait quelquefois une ombre menaçante»
Qui f traînant la terreur sous ses longs voiles blancs , Gomme un ëpais nuage , enfant de l'incendie ,
Par la peur agrandie , Passait , toute la nuit, sur les hameaux tremblants.
Mais y dès qu*un chevalier d'aventures avide , Courant sur le fantôme , et frappant dans le vide , Tentait avec le fer Tenchantement fatal , Le paladin bientôt voyait l'ombre en furie ,
Sous ses coups amoindrie.
Décroître et s'abimer dans le tombeau natal...
Il vient, le paladin de nos temps héroïques :
L/Earope a salué ses lauriers pacifiques :
Tous les cœurs ont volé sur ses pas immortels !
Il passe le premier, sans pleurs, sans rois esclaves ,
Sous l'Étoile des braves , Et la gloire française a de nouveaux autels.
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