CHANT II
Uovembre.
« Y 6 1 S : les feuilles tiemient à peine ; Le vent le plus lëçer les dëtache en passant ; Uhiver aura flëtri ce gazon jaunissant
Avant la fin de la semaine :
Rentrons, Tair est humide, et Tombre au loin descend »
Tandis qu'elle parlait , sa poitrine oppressée La forçait , Inletante , à ralentir ses pas ;
es NOVEMBRE.
Mes deux mains réchaoffaient sa main presque glacée ; Et tout sou corps tremblait » appuyë sur mon bras.
Mon Dieu , toi qui me Tas donnée , Daigne la retirer des liens de la mort :
Qu'elle ne cède pas aux premiers vents du nord ,
Comme la feuille abandonnée.
Elle a dit vrai : tout meurt , et s'efface à nos yeux ; Et sur la terre en deuil, comme de grandes ombres ,
Passent ces grands nuages sombres Que l'autan déchaîné pousse à travers les cieux.
Eh bien, pour l'arracher à ces tristes présages , Aux champs du Roussillon je conduirai ses pas ; Beaux lieux, où la nature encore ne meurt pas , Où tout novembre a des feuillages.
L'automne en ces climats sourit comme l'été ; Nous y verrons l'érable et le tremble argenté
Méier enoor sur nous leurs ombres incertaines» Et le saule^ incline près des douces fontaines, Pleurer dans toute sa beautë.
O Yallon de Thuyr, si ma jeune maîtresse Respire la santé dans ton air, dans tes fleurs, Si son teint se rougit de plus yives couleurs, Si son regard sur moi se lève avec tendresse , Sans retomber, mouille de pleurs,
Ten atteste ton air, tes fleurs, tes eauxxapides, Et de tes blancs troupeaux la soyeuse toison , Tes pressoirs où Toliye ëpand ses flots limpides, Et tes champs moissonnes presque à chaque saison,
Thuyr, je chanterai ton ciel, ton beau rivage. Je veux , de mon Isaure et de toi satisfait ,
A tes ruisseaux si purs montrer sa douce image. Et neuf fois dans neuf ans te rapporter rbommage. Du bonheur que tu m'auras fai
ISAURE
Cl)ant trai^iime.
LA FIANCÉE. 7t