A LA FENETRE
Je n'ai de vous, au bord de la fenêtre, Vu que deux pieds dans le soir chuchotant, Deux pieds riant du désir qu'ils font naître ; Et j'ai de vous, au bord de la fenêtre,
Tout deviné; car l'on peut tout connaître, Quand sous la jupe un pied rit un instant. Je n'ai de vous, au bord de la fenêtre, Vu que deux pieds dans le soir chuchotant.
Deux pieds charmants sont tout un long poëme ;
A qui sait lire, une page suffit.
Plus enivrants qu'un vieux vin de Bohême,
Deux pieds charmants sont tout un long poëme.
D'un joli pied la jambe est belle ; et j'aime
A feuilleter le livre que Dieu fit.
Deux pieds charmants sont tout un long poëme ;
A qui sait lire, une page suffit.
C'est l'heure où la fleur, inclinant sa tige, Du printemps aspire un baiser plus doux. Le vent nous apporte aux sens le vertige ; C'est l'heure où la fleur incline sa tige. À quoi rêvez-vous ? — Ah ! l'amour voltige De vous, dans l'ombre, h moi penché sur vous. C'est l'heure où la fleur, inclinant sa tige, Du printemps aspire un baiser plus doux.