‹ Poèmes et poésiesChapitre 18 sur 36 · MORITURI · texte numérisé non relu

MORITURI

Le cœur d'un poëte est l'arène

Où, comme des gladiateurs,

Contre le temps qui les entraîne,

Combattent les rêves menteurs.

Devant César, au cirque antique, Chaque guerrier, chaque martyr, D'un court blasphème, ou d'un cantique Le saluait, près de mourir.

Quand le poëte, pour maudire Ou pour chanter, saisit son luth, Cest son rêve qui vient lui dire :

Je vais mourir, César, salut !

Page 1