LE FOND DU VERRE
L'amour est un mensonge.
Nargue du faux rêveur
Qui songe En face d'un buveur !
Nargue de la folie
D'un cœur du vague épris !
La lie Est pour lui s'il n'est gris.
Nargue du fou stupide Qui toujours se souvient !
Rapide, Pour nous, l'oubli survient.
Tout est vain sur la terre.
Qui veut, dans sa douleur,
Se taire, Mérite son malheur.
L'homme fort se maîtrise:
Et, s'il est méprisé, Méprise Son espoir insensé .
Il rit de son calvaire.
Pour son rêve malsain
Son verre A l'oubli dans son sein.
Il boit; son cœur se noie ; Et le monde, en croulant,
Tournoie Sur son front chancelant.
Il boit, — et son mal passe ; Et l'univers reluit;
L'espace Et le ciel sont à lui.