‹ Poèmes et poésiesChapitre 23 sur 43 · TABLEAU DE HOBBEMA · texte numérisé non relu

TABLEAU DE HOBBEMA

C'est un frais paysage, une agreste nature ; Un ciel d'azur, ouaté de grands nuages blancs, Un moulin qui claquette au bord des flots tremblants, Où des chênes noueux reflètent leur verdure.

Le moulin est coiffé d'une haute toiture, Il est vieux et moussu ; des saules indolents Le dominent. Là-bas quelques chaumes croulants Pour ombre ont des noyers, des buissons pour clôture.

Sérénité qui monte à l'âme par les yeux ; Souveraine beauté de la terre et des cieux : L'esprit s'élève à Dieu dans cette paix insigne.

Or, devant ce spectacle ineffable et charmant, Un homme, en plein soleil, l'œil fixé sur sa ligne, Se tient debout et pèche imperturbablement.

M o4<R GUERITE.

Peut-être vous l'ignorez ?

Votre doux nom, Marguerite, Jadis avait le mérite D'offrir deux sens séparés.

L'un disait la fleur des prés, La fleur qu'avril resssuscite, L'autre la perle d'élite Aux reflets purs et nacrés.

Front candide et sans nuage, Gardez la double valeur De ce nom, votre héritage :

Marguerite, restez fleur Par votre charmant visage, Et perle par votre cœur.

i8a SONNETS.

q4 EtMéM. THELITTES-HEvlULIEUX.

L'oiseau voltige au bois et gazouille joyeux, Au milieu des bouvreuils, des linots, des mésanges; Mais il serait saisi de vertiges étranges, S'il osait s'égaler à l'aigle audacieux.

Tel je suis. Je ne sais aux harpes d'or des cieux Demander ces accents qui ravissent les anges, Et n'ai point mérité cet encens de louanges, Que répandent vos vers, parfum mélodieux.

Ne me décernez point la palme triomphale; Mon front obscur se perd dans la foule oublié. Ne cherchez pas en moi l'auréole idéale;

Mais une âme où tout vibre, amour, gloire ou pitié, Mais un cœur simple et pur, mais une main loyale, Prête à serrer la main que m'offre l'amitié.

o4 UVÇ KJELIGIEUX.

Couvert de votre habit comme d'un blanc linceul, Vous êtes donc heureux, ô Vénérable Père? Oubliant, oublié, dans une paix prospère, Si vous vivez encor, ce n'est que pour Dieu seul.

Non ! vous ne vivez plus ! Ailleurs votre âme espère ; Elle est comme l'encens du lis et du glaïeul. Rachetant le péché du primitif aïeul, Vous avez sous vos pieds écrasé la vipère.

Notre monde est pour vous comme s'il n'était pas. Renonçant avant l'heure aux rêves d'ici-bas, Vous n'avez plus de nom dans nos langues mortelles.

Vous êtes la brebis au bercail du Seigneur ; Pour remonter à lui vous demandez des ailes : Vivre est pour vous le deuil, et mourir le bonheur.

c4 £MqAT{IE T)E SITUEE

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