MALADE
Le printemps est à son aurore ; Déjà voici renaître avril 5 L'oiseau reprend son gai babil, Et pourtant tu souffres encore.
A pareil jour, un peuple vil Insultait celui qu'on adore, Le Dieu que nul en vain n'implore ; Recours à lui dans ton péril.
Vois! j'ai cueilli ces aubépines, Qui te diront : — « En tes douleurs, Souviens-toi des douleurs divines !
« Quand tes maux t'arrachent des pleurs, Songe au Dieu couronné d'épines ; Car les épines ont des fleurs ! »
Jeudi saint 1871.
A Mlle Louise Loisy} de Met^.
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Regardez-la passer, grande, svelte, l'oeil noir, Le profil grec, le front où la candeur respire, Sereine, et, cependant, inhabile au sourire : Elle est belle, et son cœur ne veut pas le savoir.
Elle a sacrifié son bonheur au devoir, Quand le canon tonnait sur la cité martyre ; L'ardente charité la conduit et l'inspire. Inclinez-vous! Dieu même est heureux de la voir!
Rendez-lui son sourire, à la triste exilée ; Assez elle a souffert lorsque, dans la mêlée, Elle accourait au cri de nos soldats blessés,
La main pleine de baume et l'œil plein d'espérances Son regard guérissait ceux qu'elle avait pansés ; C'est la Vierge de Metz, l'ange des ambulances.
Vichy, août 1874.
04 JULES 'BTIETO^C,