‹ Poèmes et sylves, 1886-1896Chapitre 20 sur 57 · LE TROPHEE · texte numérisé non relu

LE TROPHEE

Mirage coloré, fragrance De jeunes jardins, et de carrefour rance; Doux frôler susurré comme d'une source, Râper anxieux comme d'une étoffe rebourse Il est un Monstre.

0 toi, ô toi, ton âge le connut

Alors que fleur il eut, Et jusqu'au seuil de son automne empressé.

Ah toi, bénie qu'elle soit, la tutélaire voix Qui terrassé le fit sur les pavois

Bruissant à ta fortune.

Car n'es-tu pas celui pour qui ores en vain

Saturne vente à la poupe, Et qui peut, s'il le veut, goûter l'instant frivole comme un vin

Qui rit dedans la coupe !

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