EGLOGUE A ^MILIUS
Alors que j'étais, ô/Emilius, le nouveau
Temps et la feuille de primerole,
Que mon âge allait plus éclairci que l'eau
De la source matutinale en sa rig-ole
De gravier : devis ni son,
Fredons comme de tourtres et passes,
N'envolaient de ma bouche aimée des Grâces,
Mais soupirer et complainte et tenson.
0 ^milius, pourquoi, sur l'agreste flûte, ai-je Dit l'automne maligne et le cortège Des pluies, alors que Flora versait Beau-riante l'étrenne de sa corbeille, Et, d'un tortis, Gyprine mes boucles pressait, 0 ^Emilius, et la barbe, à peine, entour l'oreille Me naissait?
L'été, maintenant, rong-e l'ombre de mes pas ;
La mi-été, maintenant, boit la rosée. Ah ! n'est-il pas
Levé, l'astre qui fait s'ouvrir la fleur tardive
Du safran ! yËmilius, yËmilius, voici bruire
L'heure au roseau que mon souffle avive,
L'heure de lamenter.
Ore je vous vais dire :
La folâtre Amarylle, et le joyeux Tityre.