EGLOGUE A PAUL VERLAINE
Pour avoir tant essoufflé des cornemuses
Criardes, au fredon têtu, D'une mauve guide cent brebis camuses
Ménalqu'de superbe vôtu.
Maint bélier, et la profitable génisse
Qui nourrit ses deux nouveau-nés,
Ornent l'étable de Mopse, si très nice A dire les chants alternés.
Thyrsis se rengorge d'une coupe ouvrée Des mains du noble Alcimédon ;
Batte, opprobre de la montagne sacrée, D'un laurier de brigue eut guerdon.
A toi, l'honneur des Lybéthrides agrestes,
Abreuvé des parlantes eaux.
Il ne sied prix que du son de tes doigts prestes
Sur les disparates roseaux,
Divin Tityre, âme légère ! comm'houppe
De mimalloniques tymbons ; Divin Tityre, âme légère ! comm'troupe
De satyreaux ballant par bonds.
GALÂTÉE
GALATEE
« Oublie, ô Gyclope, sauve tes vœux
Du réseaux gracieux D'un regarder où tu te fis enclore.
Déjà, sous un chef verdissant la source bruit,
Déjà l'églantier se colore, Déjà l'arbre sylvestre porte fruit.
Oh, pourquoi, Gyclope, en toi l'hiver encore Et que n'es-tu pressant les pis abondants
De la génisse profitable I Vois les taureaux mêler leurs cornes, entends
Bêler tes brebis à l'étable. »
Vieux Mélibée, ainsi tu parles.
« Les autans Soufflent malins aux tiges qui florissent, Maligne est la pluie aux épis qui mûrissent.