‹ Poèmes et sylves, 1886-1896Chapitre 25 sur 57 · EGLOGUE A PAUL VERLAINE · texte numérisé non relu

EGLOGUE A PAUL VERLAINE

Pour avoir tant essoufflé des cornemuses

Criardes, au fredon têtu, D'une mauve guide cent brebis camuses

Ménalqu'de superbe vôtu.

Maint bélier, et la profitable génisse

Qui nourrit ses deux nouveau-nés,

Ornent l'étable de Mopse, si très nice A dire les chants alternés.

Thyrsis se rengorge d'une coupe ouvrée Des mains du noble Alcimédon ;

Batte, opprobre de la montagne sacrée, D'un laurier de brigue eut guerdon.

A toi, l'honneur des Lybéthrides agrestes,

Abreuvé des parlantes eaux.

Il ne sied prix que du son de tes doigts prestes

Sur les disparates roseaux,

Divin Tityre, âme légère ! comm'houppe

De mimalloniques tymbons ; Divin Tityre, âme légère ! comm'troupe

De satyreaux ballant par bonds.

GALÂTÉE

GALATEE

« Oublie, ô Gyclope, sauve tes vœux

Du réseaux gracieux D'un regarder où tu te fis enclore.

Déjà, sous un chef verdissant la source bruit,

Déjà l'églantier se colore, Déjà l'arbre sylvestre porte fruit.

Oh, pourquoi, Gyclope, en toi l'hiver encore Et que n'es-tu pressant les pis abondants

De la génisse profitable I Vois les taureaux mêler leurs cornes, entends

Bêler tes brebis à l'étable. »

Vieux Mélibée, ainsi tu parles.

« Les autans Soufflent malins aux tiges qui florissent, Maligne est la pluie aux épis qui mûrissent.

Page 1