I I 6 POÈMES ET SYLVES
Car, jeune homme, de quelle herbe, de quelle fleur
Du Phase ou de Tempe, De quel hippomanès d'une cavale en chaleur,
Ta chasteté sera trompée !
Pourconsoler mon cœur des trahisons,
Je veux aimer, en de nobles chansons.
Les doctes filles de Nérée :
Glaucé, Cymothoé, Thoé,
Protomédie et Panopée,
Eunice aux bras de rose, Eulimène, Hippolhoé,
Il8 POÈMES ET SYLVES
El l'aimable Halle, et Ampliitrite, à la nag-e prompte, Proto, Doto, parfaite à charmer, Et Cymatolèg-e qui dompte La sombre mer.
Gentil esprit, l'honneur des Muses bien parées,
LaTallhède,les bandelettes sacrées Ceignent ton front. Bien que tu passes parmi nous, Que la cendre à tes pieds de cette vie reste Comme aux flancs de Délos la mousse du Géreste, Ta soif s'étanche aux flots Dircéens, et d'un doux Murmure le laurier frémit quand tu parais,
Et sur le vil Python ta main vire les traits Indubitables, et tes vœux appendent des prémices Au bord de l'Acragas où meug'lent les g'énisses.
Les feuilles pourront tomber La rivière pourra ^eler!
Je veux rire, je veux rire.
La danse pourra cesser, Le violon pourra casser, Je veux rire, je veux rire.
Que le mal se fasse pire !
Je veux rire, je veux rire.
Je suis las, si las, Comment danser, hélas !
— Mets des fleurs dans tes cheveux Et dansons, car je le veux.
Je suis si triste, triste, Comment rire, hélas!
— Qu'un marmouset pleure, Rions, car c'est l'heure.
Dormir est si doux, Que ne mourons-nous!
— Ah, la Mort, ah. n'est-ce Une mcnteresse?
Je naquis au bord d'une mer dont la couleur passe En douceur le saphir oriental. Des lys Y poussent dans le sable, ah, n'est-ce ta face Triste, les pâles lys de la mer natale; N'est-ce ton corps délié, la tie^e allonj^ée Des lys de la mer natale !
0 amour, tu n'eusses souffert qu'un désir joyeux Nousg-ouvernât; ah, n'est-ce tes yeux, Le tremblement de la mer natale !
Que faudra-t-il à ce cœur qui s'obstine ; Cœur sans souci, ah, qui le ferait battre! Il lui faudrait la reine Cléopâtre, Il lui faudrait Hélie et Mélusine, Et celle-là nommée Ag-laure,et celle Que le Soudan emporte en sa nacelle.
Puisque Suzou s'en vienl^ allons Sous la feuillée où s'aiment les coulombs.
Que faudra-t-il à ce cœur qui se joue ; Ce belliqueur,ah! qui ferait qu'il plie ! Il lui faudrait la princesse Aurélie, Il lui faudrait Ismène dont la joue Passe la neige et la couleur rosine Que le matin laisse sur la colline.
Puisque Alison s'en vient, allons Sous la feuiliée où s'aiment les coulombs.
Sauvons-nous du souci d'un jour !
Théone, cédons à l'amour, Cédons à Vénus Cyprienne.
Que le myrte à li verveine tors (D'autres diront la vie et ses torts !) Peinture tes cheveux que l'écaillé hausse. — Je dirai la vipère au bandeau Des femmes de laThrace, et l'eau Sacrée de la fontaine de Til fosse.
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Fais ton corps docile au coussin, Ceinturée de perles indiques.
— Je dirai comme au doux essaim Des Favones rouvrent leur sein Les gracieuses Heures véridiques.
LE PÈLERIN PASSIONNÉ l3l
Moi que la noble Athène a nourri, Moi l'élu des Nymphes de la Seine, Je ne suis pas un ig-norant dont les Muses ont ri.
L'intègre élément de ma voix Suscite le harpeur, honneur du Vendômois ; Et le comte Thibaut n'eut pas de plainte plus douce Que les lays amoureux quinaissent sous mon pouce,
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L'Hymne et la Parthénie, en mon âme sereine,
Seront les chars vainqueurs qui courent dans l'arène ;
Et je ferai que la Chanson
Soupire d'un tant ! courtois son, Et pareille au ramier quand la saison le presse.
Car, par le rite que je sais, Sur de nouvelles fleurs les abeilles de Grèce
Butineront un miel Français.
et
SYLVES