‹ Poèmes et sylves, 1886-1896Chapitre 33 sur 57 · LE RETOUR · texte numérisé non relu

LE RETOUR

Pétrée, chère tête !

Pareille au bloud épi que la faucille guette; 0 Pélréa, génisse indocile au servage, Moins douce est la saveur de la pomme sauvage

Que ta bouche.

Contre des hommes belliqueux que la trompette enivre, Mes bras tendirent l'arc d'aubier où la sagetle vibre ; Mais ils sauront aussi s'illustrer d'une lutte Plus bénigne, ô Pétrée, et j'appris les secrets Des pertuiscs roseaux et de la curve flûte.

iGs

C'est temps nouveau quand de ses traits

Diane n'ensang-lante les forêts, C'est quand Jouvence fait à Dioné' service. 0 gracieuse enfant, que clairs et simples sont tes yeux !

Déjà, l'astre de Bérénice Guide vers l'Occident le Bouvier paresseux.

Pour que tu cèdes à mes pleurs, Ma main a dévidé des fils de sept couleurs. Chantant l'air redouté, J'ai répandu la cendre Des herbes de bonté.

La voix du rossig-nol fait ton âme plus tendre,

Et le favone ag-ace, comblant mes vœux, La couronne de pin qui mêle tes cheveux.

ÉNO.NE AU CLAIR VISAGE ET STLVES lG3

CONTRE OUELOUES-Ux\S

Il est qui se pensent savants Et de miel arrosés, parmi nos écrivants, Lorsque d'un vain propos leur subtilité farde Le vèridique teint de leur humeur couarde. Ceux-là les peul-on voir

D'un froncé sourcil pédantesque

Vanter la Minerve tudesquc

Ou l'Anglais, de gravité llioir.

l64 POÈMES ET SYLVES

Toi qui mènes les Muses grecques, Aux rivag-es de la Seine et du Loir, Afin qu'elles dansent avecques Les Sylphes et les Fées, aux sons De tes romanes chansons ; Si tu bois le vin doux des cornes libérales Et mêles tes cheveux de rains et de pétales, Tout docte au lyrique fredon, De ton esprit t'en fasses-tu délivre !

Du Plessys, tu ne vas maudissant le brandon Guerrier par qui Jupin donne honte et guerdon, Et tu sauras mourir ainsi que tu sais vivre !

ÉNONE AU CLAIK VISAGE ET SYLVES l65

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