ORE, QUE DESSUS MA TÊTE
Ore, que dessus ma tête, Saturne ennemi tempête; De ces innocentes mains Glolhon, du destin instruite, Qu'active file la suite De mes conforts toujours vains !
Sur le luth je ne dirai, Homme de mauvais courag'e, Mon ennui, ou d'un outrage Dépit je ne me plaindrai .
Plutôt, d'une ardeur qui passe Thèbes, Ascrée et la Thrace,
Je sonnerai sons si hauts Que les neuf sœurs étonnées, Fuyant le Pimple et Pénée Et de Pég-ase les eaux, Feront bruire en la France, Parlantes, dessous ma voix, D'une amoureuse cadence, Les prés, les antres, les bois.
ALCINOiJS ET RHODOPE
Que tu montes au ciel douce et brillante, ô lune,
Ce n'est plus le printemps, c'est l'automne importune I
Le vigoureux été, le printemps florissant
Emportent avec eux mon amour languissant.
Le feuillage est tombé, l'hirondelle est partie.
Ah, viens plus près de moi, Rhodope, je te prie ;
Un zéphyr amoureux, de ta bouche soufflé,
Me fera souvenir des beaux jours de rété,
Et je pourrai tromper le temps et ma tristesse
En admirant tes seins que hausse la jeunesse.