‹ Poèmes et sylves, 1886-1896Chapitre 47 sur 57 · L'AUTOMNE OU LES SATYRES · texte numérisé non relu

L'AUTOMNE OU LES SATYRES

Hier j'ai rencontré dans un sentier du bois Où j'aime de ma peine à rôver quelquefois, Trois satyres amis ; l'un une outre portait Et pourtant sautelait, le second secouait Un bâton d'olivier, contrefaisant Hercule. Sur les arbres dénus, car automne leur chef A terre a répandu, tombait le crépuscule. Le troisième satyre, assis sur un coupeau, De sa bouche approcha son rustique pipeau,

igS POÈMES ET SYLVES

Fit tant jouer ses doig'ts qu'il eu sortit un son Et menu et enflé, frénétique et plaisant; Lors ses deux compagnons, délivres se faisant, De l'outre le premier et l'autre du bâton, Dansèrent, et j'ai vu leurs pieds aux jambes tortes. Qui, alternés, faisaient voler les feuilles mortes.

PHYLLIS PRIiNCESSE DE THRACE

A tes pieds les flots expirent, ô princesse,

0 malheureuse fille du Thrace Silhon, les flots vont et viennent sans cesse,

Mais à leur retour encore manquent Les blanches voiles de celui qui toujours Portait les Dieux dans sa bouche parjure. Les traits de Vénus étaient doux à ton âme Quand la bouche de ton amant en pansait la blessure, Et maintenant tes plaies sont fontaines de flamme Qui derilèbie g^lacé fout un autre Phlég-éthon.

Pleure sur ton hymen aux sinistres auspices, Et ne t'excuse plus de l'espérance, vois. Depuis que, pour partir, II eut les vents propices, La lune a complété son disque quatre fois.

ENONE AU CLAIU VISAGE ET SYLVE3

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