‹ Poèmes et sylves, 1886-1896Chapitre 49 sur 57 · LA PLAINTE D'HYAGNIS · texte numérisé non relu

LA PLAINTE D'HYAGNIS

Substance de Cybèle, ô branches, ô feuillag-es, Aériens berceaux des rossignols sauvag-es, L'ombre est déjà menue à vos faîtes rompus, Languissants vous pendez et votre vert n'est plus. Et moi je te ressemble, automnale nature, Mélancolique bois où viendra la froidure.

Je me souviens des jours que mon jeune printemps Ses brillantes couleurs remirait aux étang-s, Que par le doux. métier que je faisais paraître

Dessus les chalumeaux, Je contentais le cœur du laboureur champêtre

Courbé sur ses travaux.

Mais la Naïade amie, à ses bords que j'évite, Hélas! ne trouve plus l'empreinte de mes pieds, Car c'est le pâle buis que mon visag-e imite, Et celte triste fleurdes jaunes violiers. Chère flûte, roseaux où je gonflais ma joue, Délices de mes doigts, ma force et ma gaîté, Maintenant tu te plains : au vent qui le secoue Inutile rameau que la sève a quitté.

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