LE BOCAGE
Un troupeau gracieux de jeunes courtisanes S'ébat et rit dans la forêt de mon Âme.
Un bûcheron taciturne et fou frappe De sa cognée dans la forêt de mon âme.
Mais n'ai-je pas fait chanter sous mes doigts (Bûcheron, frappe !) la lyre torse trois fois?
(Bûcberon, frappe !) N'est-elle pas, mon âme, Gomme un qui presse de rapides coursiers?
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La persuasion habite sur tes lèvres,
Jaune homme, et l'on Dirait que dans tes yeux se lève L'Ourse brillante, fille de Lycaon.
L'épautre de Toscane, la myrrhe grasse et l'iris En vain font le col d'Aspasie un miroir ; En vain Plouto soupire, et tu te ris Du vieil Eumolpe et de son parasol en ivoire.
Il6 POÈMBS ET 8TLYSS
Car, jeune homme, de quelle herbe, de quelle fleur
Du Phase ou de Tempe, De quel hippomanès d'une cavale en chaleur,
Ta chasteté sera trompée !
Pottr consoler mon cœur des trahisons,
Je veux aimer, en de nobles chansons,
Les doctes filles de Nérée :
Glaucé, Cymothoé, Thoé,
Protomédie et Panopée,
Eunice aux bras de rose, Eulimène, Hippothoé,
Il8 POÈMES ET STLVES
Et l'aimable Halie, et Ampbitrite, à la nage prompte, Proto, Doto, parfaite à charmer, Et Cymatolèg-e qui dompte La sombre mer.
Gentil esprit, l'honneur des Muses bien parées,
La Tailhède, les bandelettes sacrées Ceignent ton front. Bien que tu passes parmi nous, Que la cendre à tes pieds de cette vie reste Gomme aux flancs de Délos la mousse du Géreste, Ta soif s'étanche aux flots Dircéens, et d'un doux Murmure le laurier frémit quand tu parais,
POEMES ET STLVES
Et sur le vil Python ta main vire Jes traits Indubitables, et tes vœux appendent des prémices Au bord de l'Acragas où meuglent les génisses.
Les feuilles pourront tomber La rivière pourra geler!
Je veux rire, je veux rire.
La danse pourra cesser, Le violon pourra casser, Je veux rire, je veux rire.
122 POÈMES ET STLVES
Que le mai se fasse pire !
Je veux rire, je veux rire.
Je suis las, si las, Comment danser, hélas !
— Mets des fleurs dans tes cheveux Et dansons, car je le veux.
Je suis si triste, triste, Comment rire, hélas !
— Qu'un marmouset pleure, Rions, car c'est l'heure.
124 POÈMES ET 8TLVES
Dormir est si doox, Qae ne mourons-nous!
— Ah, la Mort, ah, n'est-ce Une menteresse?
LE PELERIN PASSIONNÉ ia5
Je naquis au bord d'une mer dont la couleur passe En douceur le saphir oriental. Des lys Y poussent dans le sable, ah, n'est-ce ta face Triste, les pâles 1 js de la mer natale ; N'est-ce ton corps délié, la tige allongée Des lys de la mer natale !
126 POÈMES ET STLVES
amour, tu n'eusses souffert qu'un désir joyeux Nous gouvernât; ah, n'est-ce tes yeux, Le tremblement de la mer natale !
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Que faudra-t-il à ce cœur qui s'obstine ; Coeur sans souci, ah, qui le ferait battre!
11 lui faudrait la reine Cléopâtre, Il lui faudrait Hélie et Mélusine, Et celle-là nommée Aglaure, et celle Que le Soudan emporte en sa nacelle.
Puisque Suzon s'en vient, allons Sous la feuillée où s'aiment les coulombs.
I2s8 POÈMES ET SYLVES
Que faudra-t-il à ce cœur qui se joue ; Ce bel)iqueur,ah! qui ferait qu'il plie !
Il lui faudrait la princesse Aurélie, Il lui faudrait Ismène dont la joue Passe la neige et la couleur rosine Que le matin laisse sur la colline.
Puisque Alison s'en vient, allons Sous la feuillée où s'aiment les coulombs.
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Sauvons-nous du souci d'un jour !
Théone, cédons à l'amour, Cédons à Vénus Cjprienne.
Que le myrte à Ja verveine tors (D'autres diront la vie et ses torts !) Peinture tes cheveux que récaille hausse.
— Je dirai la vipère au bandeau Des femmes de laThrace, et l'eau Sacrée de la fontaine de Til fosse.
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l3o POÈMES ET SYLVES
Fais ton corps docile au coussin,
Ceinturée de perles indiques.
— Je dirai comme au doux essaim Des Favones rouvrent leur sein Les gracieuses Heures véridiques.
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LE PÈLERIN PASSIONNÉ l3l
Moi que la noble Àthène a nourri, Moi l'élu des Nymphes de la Seine, Je ne suis pas un ignorant dont les Muses ont ri.
L'intègre élément de ma voix Suscite le harpeur, honneur du Vendômois ; Et le comte Thibaut n'eut pas de plainte plus douce Que les lays amoureux qui naissent sous mon pouce.
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l3l POÈMSS ET 9TLVKS
I/Hjmne et la Parthénie, en mon âme sereine,
Seront les chars vainqueurs qui courent dans l'arène ;
Et je ferai que la Chanson
Soupire d'un tant ! courtois son, Et pareille au ramier quand la saison le presse.
Car, par le rite que je sais, Sur de nouvelles fleurs les abeilles de Grèce
Butineront un miel Français.
et
SYLVES