‹ Poèmes et sylves, 1886-1896 [microform]Chapitre 33 sur 55 · A RAYMOND DE LA TAILHEDE · texte numérisé non relu

A RAYMOND DE LA TAILHEDE

Laissons le rustre, l'immonde Ignorant dénier à notre Apollon le prix Des larmes, pour ce qu'il est si bien appris A couvrir de beauté la misère du monde.

Rions-nous d'eux, mon Raymond, qu'un noble jeu Couronne de rameaux légers (Comme des garçons bocagers) Nos cœurs pareils aux Cyclopes amis du feu*

EMBLEME

Oublie le roseau qui charme les dryades, Arme-toi de tes franches couleurs ; Attelle d'un bras sûr les cavales ailées Au char rapide, et prends la lance niellée Avec les forts maillets les cuirasses rompants. Que tu te plaises à combattre avec des coupes ! Laisse couler le vin, laisse passer les troupes Ballantes des Satyres et des Pans.

POEMI8 ET SYLVES

Si quelques-uns parmi les rivaux que tu nargues Sont de la race belliqueuse des loups,

Le plus grand nombre est mal-rusé comme renardes !

Aussi de hardement prompt sois- tu et t'avise D'un bouclier où la devise Montre les grands travaux d'Hercule

Ou le cornu dragon illustre aux bords de Loire,

Car il n'est honte nulle A qui par bien gaber clame juste victoire !

Et le labeur est bon s'il se doit guerdonner

De la faveur de Celle Par qui la lyre au thracien sonner

Tirait les arbres après elle.

Jadis d'un triple tour l'olivier de la Grèce

Et le laurier latin, Pour prix de ses vertus ont couronné sa tète, Mais c'est le lys français qu'Elle attend de ta main.

ENONE AU CLAIR VISAGE ET SYLVES 1 6g

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