‹ Poèmes ironiquesChapitre 12 sur 79 · VENTOSE · texte numérisé non relu

VENTOSE

Là-bas, là-bas pleure ventôse, La neige en robe de satin Enroule une valse morose Autour du brouillard incertain.

Mais, sans souci des fausses notes, Un violon dans le lointain Gémira d'étranges gavottes.

11 fait ténèbres ! rien ne nuit Aux baisers comme la lumière.

Ecoutez-moi ! le doux minuit Epand la langueur coutumière.

Noël! un amour nous est né !

Mon cœur, cette pauvre chaumière, Mieux quua Louvre est illuminé.

A la vitre qui donc nous guette ?

Est-ce qu'un inconnu jaloux Me disputerait toi, Conquête ?

N'ayez point peur, blottissez-vous Plus près, pour que je vous protège :

Ce grand fantôme blanc et doux C'est l'ami de l'Amour, la neige.

Le feu crépite doucem^t,

La lampe tamise des rêves,

Laisse pleurer l'acharnement

Des lourds ventôses sur les grèves.'

Devant tes carreaux irisés

Ils viendront conclure des trêves,

Curieux de voir nos baisers.

Laisse couler ta chevelure.

Hàtons-nous d'aimer : les Hivers

Nous isolent de la nature.

Ah ! détestons les gazons verts :

Tes draps fleurent mieux que les rose

Plu> que les lilas entr'ouverts

Je veux tes lèvres demi-closes.

Page 1