‹ Poèmes ironiquesChapitre 13 sur 79 · A MADEMOISELLE FANTASQUE · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE FANTASQUE

EN SOiN CHATEAU DE FOLl E-LES -F LE UR S

Le soir tombe là-bas. Je ne vous verrai point; Je suis plein de ferveur et de mélancolie ; Je me sens devenir bébête dans mon coin ; Près des indifférents qui me semblent très loin, Je songe avec amour à l'amour qui me lie.

Dans le rayonnement de tes yeux bleus et verts J'ai repuisé la flamme ancienne, disparue, Et les foyers d'amour subitement rouvert 3 Illuminent mon cœur à tort et à travers. Comme le soir on voit s'illuminer la rue.

26 POÈMES [RONIQUES

Pauvre rue en effet que ce cœur! un chemin Où se traîne aujourd'hui ma mourante jeunesse. Malgré tout, elle fait un effort surhumain : Peut-être il suffirait qu'on lui tendit la main. Il faut si peu de chose afin qu'elle renaisse !

Chère, te voir passer sur ma route, le soir, Dans ce costume anglais swell de très haute allun Ton chapeau Gainsborough laissant à peine voir Ces deux rêves d'amour, tes yeux cerclés de noir. Et dont le feu sauvage aveuglant me torture.

0 passion ! Sentir qu'on vit tant qu^o» en meurt !

Vous avez, indolente et traîtresse créole,

Un teint si pâle et chaud, un trouble si charmeur,

Tant de gaieté vivace et de méchante humeiu- !

Vos cheveux blonds vous font un chapeau d auréole !

J'ai possédé cela : ces cheveux et ces yeux; Tes lèvres et tes seins et tes hanches de flamme. Je te connais partout. Mes baisers curieux

Page 1