CHANT BRUTAL DES VIVEURS
Que les faibles, et les vaincus, et les malades, Les cœurs meublés d'uu tas de rêves saugrenus, Donnent au Christ, ce dieu des morts, leursacco]a>!c? Et couvrent de baisers ses mains et ses pieds nus; Nous! comme les géants des antiques ballades, Hautainement et pleins d'ivresse, nous tiendrons Des verres trente fois plus vastes que des urnes; Et, malgré les Satans et les dieux taciturnes, Invinciblement nous boirons.
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Nous! les adorateurs de rélernelle Force,
De l'ancienne Ironie, et de la Voiui)lé,
Nous barderons le 3loi de cette triple écorce,
Et l'Egoïsme enfin aura sa volonté.
La femme deviendra non le but, mais l'amorce ;
CHANT liULTAL DES VIVEURS 83
Et, quant au Init nouveau que nouf^ nous fixerons, Ce sera d'exciter nos forces léonines, Et, sans nous soucier des âmes féminines, De la forme nous jouirons.
Et nous aurons la joie infernale et cynique, Le rire sans pitié des forcenés vainqueurs, Le soubresaut des dieux de l'Olympe homérique, Toujours brutal et plein d'esclafîements moqueurs. Le rictus gravera sa ride sardonique Du coin du nez aux coins des lèvres des lurons, Sur les tempes plaquant la double patte d'oie. Et gonflant les vaisseaux du cou d'un sang de joie — Du diable et de Dieu nous rirons.
L'obstacle ne sera qu'un prétexte à la lutte, L'espérance luira sur nos fronts éclatants; Et nous crierons, en les poussant de chute en chute : Honte pour les vaincus et pour les impotents I Malheur à ceux de nous qui feront la culbute, Et qui laisseront choir dans la fange leurs fronts! Nous leur dirons : Tant pis, frères, votre âme est lâche, VA v(jlre corps trop mou pour la terrible tàcho Vx rictisf nous les lâcherons!
8i POÈMES IRONIQUES
Pour nos esprits trempés dans l'ivresse lustrale, Et pleins d'indifférence à l'égard des douleurs, Jamais n'existera la souffrance morale; Et nous dessécherons la fontaine des pleurs. Mais il en est une autre, invincible et brutale, La Maladie, avec ses ignobles affronts ; Or, pour n'attendre pas que notre Moi succombe, Le Suicide est là qui nous ouvre la tombe : Sans phrases nous y des» eudrons.
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Que des gens soient perclus et d'autres poitrinaires, Tant pis! nous ouvrirons tout large l'hôpital; Ils iront y vomir leurs crachats pulmonaires. Et suivre jusqu'au bout le pronostic fatal; Pour ces êtres manques, ces cnntorsionnaires. Les jours sont des sanglots et les nuits des jurons. Pitié! Pour eux jadis Sparte avait un barathre, Clamart les recevra dans son amphithéâtre, Et sur eux nous le fermerons I
Mais, tant que nous aurons au ventre du courare, Et tant qu'en notre cœur battra le rouge sang,