‹ Poèmes ironiquesChapitre 62 sur 79 · MATINES-ROQUETTE · texte numérisé non relu

MATINES-ROQUETTE

Mni je vais allumer ce divin partagas.

Bastille ! l'aube poind au-dessus de Mazas,

Criblant de flèches d'or la grêle silhouette

De ce monsieur tout nu qui fait sa pirouette,

Immobile. — Oh ! la rue et les noires maisons !

Seuils devant lesquels passe, au hasard des saisons,

Le panier à salade encombré de gendarmes,

Ou le corbillard lent, trempé de fausses larmes. —

Slope ! nous y voici. Le vulgaire est grimpé

Sur ses jambes pour voir ce spectacle coupé;

Puis nous autres, les vieux soupeurs et les novices,

Cagnoteurs, reporters et petites actrices :

Un Tout-Paris mêlé. Les frères et les sœurs,

Les casquettes à pont, et les dessous noceurs-

C'est un jour de première, ou de dernière, un drame.

LaGaîté! l'Ambigu! demandezle programme

De la pièce, le nom des acteurs. — Tiens-toi bien !

Épouvantablement, la porte s'ouvre : il vient...

On le traîne... il a peur, le lâche ! !... il se repose...

Ce surplis et ces blancs cheveux, c'est l'abbé Groze ;

Plus loin le substitut, puis Clément et Macé,

Puis Lui. — Mais marche donc !... c'est si vite passé I

Comme il a tressailli devant la guillotine !...

Il lorgne le triangle... — Écoute Léontine

Qui là-bas fait semblant de s'évanouir. — Ah ! ! !

Ouf! le voilà couché. — Deiblerle pousse. — ilrrrà I

IGO POEMES IRONIQUES

Bôii Dieu ! quel jet de ?ang !

— Le ï^nleil, sur la foule, Lance un rayon...

— Et vers Glamart le fourgon roule...

Si tu l'es amusée un peu, je suis content; Parlons dormir. Cocher I rue X... numéro tant.

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