MATINES-ROQUETTE
Mni je vais allumer ce divin partagas.
Bastille ! l'aube poind au-dessus de Mazas,
Criblant de flèches d'or la grêle silhouette
De ce monsieur tout nu qui fait sa pirouette,
Immobile. — Oh ! la rue et les noires maisons !
Seuils devant lesquels passe, au hasard des saisons,
Le panier à salade encombré de gendarmes,
Ou le corbillard lent, trempé de fausses larmes. —
Slope ! nous y voici. Le vulgaire est grimpé
Sur ses jambes pour voir ce spectacle coupé;
Puis nous autres, les vieux soupeurs et les novices,
Cagnoteurs, reporters et petites actrices :
Un Tout-Paris mêlé. Les frères et les sœurs,
Les casquettes à pont, et les dessous noceurs-
C'est un jour de première, ou de dernière, un drame.
LaGaîté! l'Ambigu! demandezle programme
De la pièce, le nom des acteurs. — Tiens-toi bien !
Épouvantablement, la porte s'ouvre : il vient...
On le traîne... il a peur, le lâche ! !... il se repose...
Ce surplis et ces blancs cheveux, c'est l'abbé Groze ;
Plus loin le substitut, puis Clément et Macé,
Puis Lui. — Mais marche donc !... c'est si vite passé I
Comme il a tressailli devant la guillotine !...
Il lorgne le triangle... — Écoute Léontine
Qui là-bas fait semblant de s'évanouir. — Ah ! ! !
Ouf! le voilà couché. — Deiblerle pousse. — ilrrrà I
IGO POEMES IRONIQUES
Bôii Dieu ! quel jet de ?ang !
— Le ï^nleil, sur la foule, Lance un rayon...
— Et vers Glamart le fourgon roule...
Si tu l'es amusée un peu, je suis content; Parlons dormir. Cocher I rue X... numéro tant.