‹ Poèmes ironiquesChapitre 63 sur 79 · LA REVANCHE DES FLEURS · texte numérisé non relu

LA REVANCHE DES FLEURS

Tu tapes sur ton chien, tu tapes sur ton âne

Tu mets un mors à ton cheval, Férocement tu fais un sceptre de ta canne,

Homme, roi du Règne Animal ; Quand tu trouves un veau, lu lui rôtis le foie.

Et bourres son nez de persil ; Tu tailles dans le bœuf, vieux laboureur qui ploie,

Des biftecks saignants, sur le gril ; Le mouton t'apparaît comme un gigot possible,

Et le lièvre comme un civet; Le pigeon de Vénus te devient une cible,

Et tu jugules le poulet...

Oh ! le naïf poulet, <îui dès Taube caqueté !

Oh ! le doux canard coincoinnaiit 1 Oh ! le dindon qui glousse, ignorant qu'on apprête

Les truffes de rembaumement !

Oh ! le porc dévasté, dont tu fais un eunuque,

Et que tu traites de... cochon, Tandis qu'un mot quadruple et fatal le reluque :

Mané ! Thécel ! Phares ! Jambon !

Tu pilles rOcéan, tu dépeuples les fleuves.

Tu tamises les lacs lointains; C*est par toi qu'on a vu tant de limandes veuve°

Et tant de brochets orphelins ; Tu restes insensible aux larmes des sardines,

Et des soles au ventre plat ; Tu déjeunas d'un meurtre et d'un meurtre tu dine3

Va souper d'un assassinat.

Massacre par les airs la caille et la bécasse...

Sombre destinée : un salmis !

Tandis qu'un chou cruel guette d'un air bonasse

Le cadavre de la perdrix.

Mais est-ce pour manger seulement que tu frappes,

Dur ensanglanteur de couteaux?

Nnii. Les ours, les renards, les.castors pris aux trappe:

Sont une mine à paletots; Tu siisis le lion, ce roi des noctambules,

Dont le désert s'enorgueillit,

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