‹ Poèmes ironiquesChapitre 65 sur 79 · LA HEVANCHE DES BÊTES ET DES FLEURS · texte numérisé non relu

LA HEVANCHE DES BÊTES ET DES FLEURS

T'en souvient-il ? lu mis parfois à sa ceinture

Un bouquet doux comme un ami, Et loslilas, avec un odorant murmure,

Sur sa gorge aimée ont dormi.

Pauvre mort, délais -é par ta maîtresse veuve,

Dans la tombe, rappelle-toi Le put de résédas, la violette neuve,

Sur la fenêtre, au bord du toit, Gomme tu les aimais, les chères campagnarde- Fraîches sous leurs chapeaux rosés !

Gomme elles t'envoN'aient de leurs lèvres mignar.les

Des parfums chargés de haisers !

Tu fus bon pour les fleurs. — Elles suivront ta cendre

Jusqu'à la région des morts ; Leurs racines iront, sous la terre, reprendre

Les particules de ton corps; Elles se changeront, les douces envoyées,

En alambics mystérieux.

Elles distilleront tes chairs putréfiées

Pour en faire un charme des yeux.

Si ta veuve s'en vient vers cette sépulture,

— Ge qui ne paraît pas bien sûr ! — Elles auront voilé l'abjecte pourriture

Sous un linceul d'or et d'azur; Et, plus tard, quand ton corps, cette chose innoniLuéc

Que tenait le Néant-Sommeil,

Aura, grâces aux fleurs, dans la vie animée,

Rej^ris une place au soleil, Par les airs, un beau soir d'été, plein de chimère,

De chants d' amour, et de splendeurs, Voleront, délégués par la Nature-Mère,

Les Papillons ambassadeurs :

Sur la tombe ils viendront, en costumes de fêtes.

Porter le baiser ingénu.

Le baiser de pardon envoyé par les BêteSç

Quand tu seras Fleur devenu.

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