INVITATION A MARION
Quand irons-nous là-bas, tout joyeux, Marioii, Voir rOcéan forcer sa gueule de lion A s'amollir sur nous ainsi qu'une caresse? Quand iras-tu là-bas. dans les flots bleus et verts, Mirer tes yeux verts-bleus, mystiquement ouverts. Abîmes de furie ou gouffres de tendresse ?
Ne désires-tu point, Marion, le pays, D'où la mère Vénus, sous les cieux éblouis, S'élança toute neuve, et brillante d'écume? Déesse à toi pareille, imposant moins que toi Le culte des baisers, les charmes de l'effroi : Marilimes relents d'amour et d'amertuuie I
Ne convoites-tu point ce fier lit, l'Océan,
Où la Vie, éperdue en son spasme géant,
A laissé des senteurs de nubililé forle ? La Mer ! dont, grâce aux dieux, ironiquement faux. Les mouvements les plus féconds et les plus chauds Sont réglés par la Lune, élégiaque Morte I
Le Flux ! Laisse la berge aux Naïades, tressant Leurs lacs avec le lourd nénuphar impuissant, Au frissonnant baiser des fluviales lymphes ! Le Relluxl Laisse aux bois les amours ambigus Des Dryades avec les Satyres aigus ; Laisse les prés à la danse chaste des Nymphes I
Déserte la coUine, et quitte le vieux Pan : Sous sa peau de mouton filandreuse qui pend, Parisiennement, il est trop bucolique !
Laisse Diane user son froid Endymion, Et, sans motif bien grave, encorner Actéon, Pauvre garçon de bains leste et mélancolique !
Viens, là-bas, chez Vénus, ta pareille, viens-t-en Cueillir aux creux du flot, à l'aile de l'aulan. Les rêves de l'Amour, et l'ainour de nos Rêves !
LA TERRE DE PROCUSTE 1S3
Déjà dans le ressac et les sillons berceurs, Ecoute la chanson des Sirènes, tes sœurs, Et viens, ù Serpentine, onduler sur les grèves I