UN PORT
Pourtant, je me souviens encore De ce petit port au couchant, Où mon rêve a voulu se plaire.
Les filets tendus pour sécher, Sur les quais et dans les mâtures, Vieillissaient le fond de la crique Comme des toiles d'araignées.
MARINE
Des barques, arrivées du large, Mouillaient, le long de la jetée, Sans casser leur ligne de file, Pareilles à un membre transi £> Trop engourdi pour se détendre*
Tous les marins laissaient alors \ i- Dormir, au plus profond des cales,' Les rapaces désirs du gain, Que font surgir, dans tous les cœurs, Les marées montantes à l'aube.
Et c'était le meilleur d'eux-mêmes Que berçaient, lentement ce soir, Les roulements doux des misaines.
MARINE
Et dans le jour s'affaiblissant
Où s'allumaient les feux des phares,
J'entendis tomber, goutte à goutte,
Du campanile de la ville,
Le trop plein des sons alourdis
D'une heure lente et déjà vieille.
MARINE