ALAIN
Je veux te suivre dans Ion labeur infini !
— J'ai compris le néant d'un idéal fragile ;
En Dieu tout est beauté, tout est splendeur, tout vit !
J'étais le rêveur lâche aux fausses espérances ;
Qui bâtissais un ciel sans dogme et sans croyances ;
J'ai vu l'inanité de nos efforts humains ;
Et, près de toi, cherchant un idéal plus vaste,
Un idéal qui nous console et rende chaste,
Je veux aller courir à travers les chemins !
L'ERMITE
Viens donc ! Laisse tomber ton œuvre de tes main» Plonge-toi dans l'ampleur des prières mystiques Dont l'ondulcux essor atteint le Paradis ! — vSonge à Dieu qui donna l'éclat splendide au lis Et le ût magnifique entre les magnifiques ! Songe à Dieu qui mit dans les bois mélancoliques La gaîté des oiseaux aux chants mélodieux Et les laissa vagabonder, insoucieux,
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Sans qu'ils manquent jamais de nid ou de pâture !
— Viens t'enfuir avec moi dans la sainte Nature !
— Et puis, parfois, le soir, nous entrerons, très-las, Dans les bourgs, dans les noirs castels, perdus là-bas Dans leurs brouillards, dans leurs nuages, dans leurs brumes, Et tu verras comment dans les cœurs oublieux
A l'écho de la voix du Seigneur se rallument L'Amour du Sacrifice, et le Désir des Cieux !