TOMBEAU DE GUSTAVE LE VAVASSEUR
D'Amiens aux beaux clochers, la ville sans lagunes, Mais « petite Venise » avec ses dignes brunes. L'Évêque Salinis au nom plein de douceur T'y choisit une épouse, ô cher Le Vavasseur. Tu fis autour d'Amiens les plus charmants voyages. Tu flânas, tu rêvas dans les hortillonnages, Sur les coteaux crayeux où ta Muse a trouvé Cette femme qui passe avec son bras levé, Avec ses yeux troublants où vit l'âme du Celte Et qui dresse dans l'air léger sa forme svelte. «
Et plus nombreux encor sont venus les Normands.
Ils ont quitté leur brume aux lointains poudroiements.
Quelques femmes, sortant des lignes vaporeuses,
Unissaient joliment dans leurs mains gracieuses
La violette d'or à l'immortel laurier.
Ceux qui doivent bénir, ceux qui doivent prier,
Les prêtres, noblement rejoignaient le cortège,
Pendant que le disciple, au chemin qui s'abrège,
Récitait d'anciens vers et pleurait à demi,
A toutes ces chansons du vieux Maître endormi.
L'ABBAYE Cantate (1).