‹ Poèmes mystiques et champêtresChapitre 17 sur 32 · VAUCOULEURS · texte numérisé non relu

VAUCOULEURS

Quand la simple bergère, évoquant nos malheurs, Eut touché Baudricourt, les gens de Vaucouleurs Offrirent un cheval à Jeanne la Pucelle. Bientôt, sous le gippon, ils la virent en selle, Un chaperon léger couvrant ses cheveux noirs. « Je pars, dit-elle au peuple, avec de grands espoirs, Soumise aux Voix du ciel. > Et la foule lui crie : « Va, va, fille de Dieu, va sauver la Patrie. »

7o POÈMES MYSTIQUES ET CHAMPÊTRES

Eh! bergère, tu dois sur la route sans fin Plutôt trouver l'Anglais que le gentil Dauphin... Au trot, la lance au poing, la dague à la ceinture, Tes six hommes de garde, allant à l'aventure, Pourront-ils jusqu'au bout, femme, te protéger? Tu chevauches; tes yeux ne voient pas le danger. Le reître et le bandit se cachent dans la brume, Se cachent dans les bois où le bivouac s'allume.

Tranquille, mais prudente et gardant tes liens, Tu couches tout armée entre tes deux gardiens. Lorsque la nuit se fait plus épaisse, on devine Un murmure à ta bouche, une arme en ta main fine C'est contre le voleur et contre l'ennemi, Ton petit chapelet, vierge de Domrémy!

Parfois, quand le sommeil abaisse tes paupières, Tes gardiens, dans le vide essayant leurs rapières, Battent l'ombre où pourraient encor les appuyer, D'un bond, les vieux sergents et le jeune écuyer. A tes pieds, le héraut, plus confiant, plus sage, Dort aussi, mais sa lèvre à quelque beau message Vient de s'ouvrir, il parle, ô Jehanne, et ton nom Il le publie en rêve aux portes de Chinon.

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