F. N FF. REVÊTANT DE LA POURPRE CESARIENNE , -ET
Nf, lui accordant qu’un ‘seul droit de souveraineté, CELUI DE FAIRE GRACE.
« Comme Dieu inc pardonne , aussi veux - je « pardonner — S’il y en a qui sc sont oubliés ' « il me suffit qu’ils se reconnaissent. »
Henri IV.
"V if.ns, César, viens mon fils; sur ton fi’onfc, jeune encore . Je place le bandeau que la pourpre décore ;
Gouverne les Romains, mais pour léS Vendre heureux. •
* Cette pièce a obtenu le prix de poésie déoerne par l'academie de ^ambras, cil x 8 rR.
LA CLÉMENCE
Tous deux, d’un n\ème accord , nous veillerons sur eux:
Cat ne crois pas, mon (ils , que, las du diadème,
Je veuille, en t’en chargeant, jn’en affranchir moi-même;
J’en soutiendrai le poids, pour qu’il te soit léger.
.Goûte-s-en la douceur, f’en garde le danger.
L e Germain se soulève; il faut encor l’abattre.
Dompter k*s factions , Châtier et combattre ,
Voilà mes droits, hélas! Il en est un plus doux ,
Que je t’accorde seul , qui les surpasse tous;
C’est celui de changer le désespoir.en joie,
v • iv*
De contraindre la Mort à te céder sa. proie;
Le plus beau droit enfin que donne le pouvoir,
LA CLÉMENCE: O Rômains, Vous allez les revoie
Ces jours si glorieux , où , par des lois pr ospères ,
JMLarc-Aürelk , Ajstonin, ont gouverné vos pères;
* % ‘ « « Mon fils vous les rendra ! Mes bienfaits aujourd’hui,
LA. CLÉMENCE
Pour aller jusqu’à voi^, doivent passer par lui.
Trop long- temps, sur ces bords, les Discoïdes civiles
Dévastèrent nos champs , dépeuplèrent nos villes;
Mais enün, loin de nous, l’Hydre des factions
Alla noyer sa soif au sang des nations :
Sous mon fchar de victoire il faudra qu’elle expire.
Si, dans ces jours affreux, les tyrans d^l’Empire, ^
De leur sceptre de fer foulant l’humanité,
Ont bri|é les autels de la sainte Équité,
Ta voix , noble Clémence, aujourd'hui les relève.
Et Thémis à tes pieds va déposer son glaive.
César, sois mon soutien : par tes soins bienfaisants,
Que de Licinius les nombreux partisans
Soient vaincus dans ce jour: abjurons la vengeance,
Que tout parlé avec nous d’amour et d’indulgence;
LA" CLEMENCE
Que , bénissant ton nom, nj^s frères- exilés
Dans les fchamps paternels soient enfin rappelés.
Puissé-je voir bientôt tous les Romains çlans Rome ! Exofableà l’erreur, au repentir, sois homme;
Écoute 4a pitié plus encor que les lois.
Mon fils, nos jugements , nos «travaux , nos exploits , Vantés , étèrnisés , adorés sur la terre ,
,Peüt-étre d’un Dieu juste excitentJa colère.
Aveugles instruments du célestjjfpouvoir, % •
Connaissons-nous nosdroits ? sommes-nous srnsde voir?
Qui peut répondre i hélas! çle la justice humaine?
Le besoin <3e changer, que ie temps»nous amène*
Bouleverse les. lois, ainsi que les états, „ ' •
Et son vent, des vertus nous fait des attentats.
Le forfait qui nous sçrt nohs paraît légitime ;
La vet;tu qui nous unit , à nos yeuxfst un cripie ;
LA CLÉMENCE, ' 8y
Et les faibles humions, par l’errc&r entourés,
Noüs semblent criminels: ils ne sont" qu’égarés.
Crois-moi ; presque toujours la clémence est justice !
Elle est vertu du moins ! Les rigueurs du supplice, »
Même en nous délivrant de quelques ennemis v
Révoltent tous les cœurs qui nous furent soumis : -
On plaint le malheureux dès qu’il n’est plus à craindre ;
Et l’on peut ithiter celui que l’on peut plaindre.
Sois bon , sois généreux car la Divinité Veille sur la grandeur moins que sur la bonté.
Valérius , au sein des tempêtes publiques ,
Domptait des plébéiens les haines politiques;
Et, contre eux protégeant d’odieux sénateucs,
Le sein mi, le front calme, il marchait sans licteurs.
Octave, ce vainqueur d’Antoine et de Lépide , - Octave , ce tyran dont Tannée intrépide
88 ' JLA CLÉMENCE.
• Contra tout l’unifers protégeaitjes destins;
Sans cesse environné par des périls certains, *
* Crochu t à ses projets la rigueur nécessaire,
, De ses. proscriptions ensanglantait la terre;
- Le poignard d’un Brutus devaii^es terminer....
La clémence d’Auguste a tout fait pardonner.
Quoique triomphateur, s’il est grand dans l’histoire. Il l’est par la clémence, et non par la* victoire; * Imite ses vertus, en plaignait ses forfaits;
Ainsi que lui, César , règne par tes bienfaits ;
Ne crains point d’abuler du droit que je te donne. Car on ne peut faillir alors que l’on pardonne.
Pourtant de tout excès évite le danger;
Songe au peuple , mon fils, que tu dois protégeç; Milia ennemis secrctsi’environnent sans cesse ;
La clémence avec eux ne serait que faiblesse;
LA CLEMENCE
Laisse agir la justice, et ne suspends la loi
Que pou* l’infortuné , criminel envers toi ,
Mais dt>nt Rome naguère a $onnu les services!
Montre un front inflexible aux mortels dont les vices .* »■ «
De l’état social minent les fondements;
Et cépendant encore, enlève aux châtiments
Ce fils qui , sahs espoir , pressé par. la misère,
A dérobé le pain qui dut nourrir sa naçre.
• ' * Consulte enfin ton cœur : tu feras ton devoir.
Quant à moi, si le cuti seconde mon pouvoir,
J’ajoute l’ôccident à ton vaste héritage.
La,terre entre nous deux aujourd’hui se partage :
Je vais la conquérir, tu vas la consoler ;
Tiwsécheras les pleurs que je ferai couler.
A regret dans le Nord je porte les alarmes:
Du moins que les captifs, enchaînés par mes armes,
go , , LA CLEMENCE.
Désormais , à Eabri des cirques inhumains ,
Nesoient plus exposés aux regards des Romains,
Dans ces jeux où J’on ^it, outrageant la nature, .
L’homme donner au tigre un homme pour pâture.
O César, prends pitié de leur triste abandon !
La clémence avec eux n’est pas même un pardbn : Que dans Rome , éloignés de leur te fie chérie,
Ils trouvent un asyle, et presque une patrie.
A la loi des chrétiens i’esLp toujours soumis;
Vois Jésus, sur sa croix, mort pour ses ennemis.
Que Jupiter vengeur s’annonce par la foudre; Croyons plutôt, mon lils , au Dieu qui sait absoucfre?
Ah! si, toujours fidèle à tes commandements, ,
Mon Dipu, j’eùsse écouté les tendies mouvements Que donne la pitié, que la nature inspire,
LA CLEMENCE
Je n’aurais point d’un crime épouv&i té l’Empire!
Cr jjspus vivrait encore ! ét mes yeux, sans effroi ,
Contempleraient le ciel! mais je ^ornials taMoi;
Mes pleurs eîfaceront un instant de démence ,
Car le Dieu que j’adore est un Dieu de clémence.
EPITRE
sur l avenir'.
limnortulia ne spercs monct annus, et ahmini Qua: rapit hora dieni.
Quis soit an adjieiant liodiernæ (pjastina stimula:
Tempora Di supen? pi « '
N , ' Hui; ai .
L’AVENIR
ÉIMT I! K
A M. Alphonse -L. de M.
J e suis profond observateur :
. J’ai vu l’énorme petitesse D’un monde vjiin dans le matheu»;
J’ai vu des sots de toute espèce,-
„Ooyant arriver au bonheur
Par le chemin de la richesse ,
Passer leur maussade jeunesse
«Dans te trayàil ’fct la douteur k ,
Quel est. le but de tapt de peine?*
y6 L’AVENIR. /
D’avoir un jour un gros trésor.
On brave les mers de Tyrrhène
Et le climat du Labrador;
Enfin, devers la cinquantaine,
Lé trésor vient; on veut encor
Posséder un fief, un domaine,
Des prés , des bois ,‘ une garenne :
• De nouveau l’on, traîne la chaîne;
Plus tard ou prendra son essor ;
lyfonsieur éclipsera Mondor ;
Madame sera châtelaine;
Les honneurs viendront avec Por.
' C’est ain$ que l’homme dépensé,
Et sa Jeunesse et ses beâux^ jours ; m
1 1 passe le tamps des Amours
L’AVE N iR.
Dans le comptoir de la Finance; *
il*
Et, dans Page de l’impuissance ,
Sans appétit et sans désirs , »
11 fait iin< appel au» Plaisirs^
Lorsqu’il voit la IJÆort qui s’avance.
Ta n^’accuses d’indifférence * : * * - • r .
Pour l’avenir; ah! moç ami',
€ent fois»je‘Vnc suis endormi
A force devoir, en silence,
Médité ce sujet inpneuse. * •
’J’eç ai Sondé liÉ profondeiu\
Abjure un reproche bizarre ; -
Je vais, dissipant ton erreur, . .
ffe l’avenir que je 'prépare * >
T’offrir le tableau séducteur. *
98 * L’AVENIR. -
* ii. .
Que faut-il donc à la vieillesse ?
1 St.
Des souvenirs et dü repçs.
Lorsqn’aupr^s d’une enchanteressè
♦ •?(¥ ' ‘il A ^
Je cpiirs, rayonnant d’allégïessç, *
Cueillir les myrtejs de Paphos ,*
• Crois-tu que, dans ma folle ivresse.
Tombant muet entre ses bras »
Pour mon plaisir seul , je caresse .
Et ses cheveux et ses appps?
Non : connui? mieux ma grcvoyanee ;
• De loin meu^lanfemon avenir,
J’agis én sage, et, jjkr pruflenée,
Te nie prépare un souvenir.
Pour* lé repas, c’est le parta^*
* <fc.
— , ' Du mortel libre et vertueux:
L’AVEN JR.
% iLest l’objet tle* tous mes \*œux;
'.Il est la volupté du sage.
Mà^>, mon ami, pour Pobteniu»,
ai» . *
Il faut le mériter d’avance';
Bien loïn dé nous il faut bannir
L’ambition ej d’opulence ;
Les honneurs causent. du souci,*' s ’ * * * ■ f * La richesse nous importune : *
Pour moi, je* les évite; aussi
Jefserai toujours , dieuTmerci,
Bien à fabri deJa fortuné.
Quand ces douces émotions;
• Ces trahsports, ces désirs * ces flammés,
Alime^Js de nos paissions ,
&étein<Jropt au fond de nos âmes,
oo L’AVENIR.
Changeant de plaisirs et de lieux».
Fuyant le' tumulte et la ville, \
Bergers, chasseurs, fâpte de miftifx , Nous irôns, dans champ fertile^
Sous la protection des dieui,
Jouir d’un destin plu% tranquille ,
Maïs, non pas moin% délicieux.*
Verrière , Aulnay \ plaines fleuries } limpides e&u* , champs parfumé*
Par le cytise des prairies , * *. •
Beaux lieux , témoins accoutumés *. .
De nos plus*doSces rêveries,
De «os promenades çhériesy * • * •
Un jour, en sages transformé, % X .* %
Amis de la belle nature, ^
L’AVENIR
Gaimrcnèmous philosopherons
‘ Sous vos arcades (Je verdure ^ Dans fitas discours nous pl^cejron*
La morale avec • les chantons , ^
Et Sénèque près (KËpicure ?
D’après eux sèuls qou’s agirons ;
Nos mains leur bâtiront des* lompfc 1
Et dajxs ces‘ teîhples nous suivions
De P un les charmantes leçons ,
De l’autre les charmants exemples»
vin sommet d’un mont^sinueux ^ Sera plqcé rîotre ermitage ; " •
Un bois, une vigne, ufl bocage, • Dans leurs abris voluptueux •
Engîohei'ont nôtre apanage. ,
*if>» ' . L’AVENIR.
Auftoul tle nous , le paysage, •
Déroulant œs. sites nombreux,*'’ **
Nous montrera le chêne antique,
«j Des.humams pere nourricier,
Qui prêta son rameau fcivique
• * ‘ % A l’orateur; comme au guerrÎQ' : •
jàk •*
'(tous cfèux , sous son ombrage immense, * Npus reposerons à l’écart ; #
‘ Ricins 4e la hère souvenance
Jpe Saint Louis. et de Bayard. . t
*• *, Nous verrons,, auprès de U rivé,
Le «aule, ornement des*toipbeaüx ,
Voiler encor de ses rameaux
f Une naïade Cugitive. » >
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