‹ Poemes, odes, epitres, et poesies diversesChapitre 13 sur 25 · F. N FF. REVÊTANT DE LA POURPRE CESARIENNE , -ET · texte numérisé non relu

F. N FF. REVÊTANT DE LA POURPRE CESARIENNE , -ET

Nf, lui accordant qu’un ‘seul droit de souveraineté, CELUI DE FAIRE GRACE.

« Comme Dieu inc pardonne , aussi veux - je « pardonner — S’il y en a qui sc sont oubliés ' « il me suffit qu’ils se reconnaissent. »

Henri IV.

"V if.ns, César, viens mon fils; sur ton fi’onfc, jeune encore . Je place le bandeau que la pourpre décore ;

Gouverne les Romains, mais pour léS Vendre heureux. •

* Cette pièce a obtenu le prix de poésie déoerne par l'academie de ^ambras, cil x 8 rR.

LA CLÉMENCE

Tous deux, d’un n\ème accord , nous veillerons sur eux:

Cat ne crois pas, mon (ils , que, las du diadème,

Je veuille, en t’en chargeant, jn’en affranchir moi-même;

J’en soutiendrai le poids, pour qu’il te soit léger.

.Goûte-s-en la douceur, f’en garde le danger.

L e Germain se soulève; il faut encor l’abattre.

Dompter k*s factions , Châtier et combattre ,

Voilà mes droits, hélas! Il en est un plus doux ,

Que je t’accorde seul , qui les surpasse tous;

C’est celui de changer le désespoir.en joie,

v • iv*

De contraindre la Mort à te céder sa. proie;

Le plus beau droit enfin que donne le pouvoir,

LA CLÉMENCE: O Rômains, Vous allez les revoie

Ces jours si glorieux , où , par des lois pr ospères ,

JMLarc-Aürelk , Ajstonin, ont gouverné vos pères;

* % ‘ « « Mon fils vous les rendra ! Mes bienfaits aujourd’hui,

LA. CLÉMENCE

Pour aller jusqu’à voi^, doivent passer par lui.

Trop long- temps, sur ces bords, les Discoïdes civiles

Dévastèrent nos champs , dépeuplèrent nos villes;

Mais enün, loin de nous, l’Hydre des factions

Alla noyer sa soif au sang des nations :

Sous mon fchar de victoire il faudra qu’elle expire.

Si, dans ces jours affreux, les tyrans d^l’Empire, ^

De leur sceptre de fer foulant l’humanité,

Ont bri|é les autels de la sainte Équité,

Ta voix , noble Clémence, aujourd'hui les relève.

Et Thémis à tes pieds va déposer son glaive.

César, sois mon soutien : par tes soins bienfaisants,

Que de Licinius les nombreux partisans

Soient vaincus dans ce jour: abjurons la vengeance,

Que tout parlé avec nous d’amour et d’indulgence;

LA" CLEMENCE

Que , bénissant ton nom, nj^s frères- exilés

Dans les fchamps paternels soient enfin rappelés.

Puissé-je voir bientôt tous les Romains çlans Rome ! Exofableà l’erreur, au repentir, sois homme;

Écoute 4a pitié plus encor que les lois.

Mon fils, nos jugements , nos «travaux , nos exploits , Vantés , étèrnisés , adorés sur la terre ,

,Peüt-étre d’un Dieu juste excitentJa colère.

Aveugles instruments du célestjjfpouvoir, % •

Connaissons-nous nosdroits ? sommes-nous srnsde voir?

Qui peut répondre i hélas! çle la justice humaine?

Le besoin <3e changer, que ie temps»nous amène*

Bouleverse les. lois, ainsi que les états, „ ' •

Et son vent, des vertus nous fait des attentats.

Le forfait qui nous sçrt nohs paraît légitime ;

La vet;tu qui nous unit , à nos yeuxfst un cripie ;

LA CLÉMENCE, ' 8y

Et les faibles humions, par l’errc&r entourés,

Noüs semblent criminels: ils ne sont" qu’égarés.

Crois-moi ; presque toujours la clémence est justice !

Elle est vertu du moins ! Les rigueurs du supplice, »

Même en nous délivrant de quelques ennemis v

Révoltent tous les cœurs qui nous furent soumis : -

On plaint le malheureux dès qu’il n’est plus à craindre ;

Et l’on peut ithiter celui que l’on peut plaindre.

Sois bon , sois généreux car la Divinité Veille sur la grandeur moins que sur la bonté.

Valérius , au sein des tempêtes publiques ,

Domptait des plébéiens les haines politiques;

Et, contre eux protégeant d’odieux sénateucs,

Le sein mi, le front calme, il marchait sans licteurs.

Octave, ce vainqueur d’Antoine et de Lépide , - Octave , ce tyran dont Tannée intrépide

88 ' JLA CLÉMENCE.

• Contra tout l’unifers protégeaitjes destins;

Sans cesse environné par des périls certains, *

* Crochu t à ses projets la rigueur nécessaire,

, De ses. proscriptions ensanglantait la terre;

- Le poignard d’un Brutus devaii^es terminer....

La clémence d’Auguste a tout fait pardonner.

Quoique triomphateur, s’il est grand dans l’histoire. Il l’est par la clémence, et non par la* victoire; * Imite ses vertus, en plaignait ses forfaits;

Ainsi que lui, César , règne par tes bienfaits ;

Ne crains point d’abuler du droit que je te donne. Car on ne peut faillir alors que l’on pardonne.

Pourtant de tout excès évite le danger;

Songe au peuple , mon fils, que tu dois protégeç; Milia ennemis secrctsi’environnent sans cesse ;

La clémence avec eux ne serait que faiblesse;

LA CLEMENCE

Laisse agir la justice, et ne suspends la loi

Que pou* l’infortuné , criminel envers toi ,

Mais dt>nt Rome naguère a $onnu les services!

Montre un front inflexible aux mortels dont les vices .* »■ «

De l’état social minent les fondements;

Et cépendant encore, enlève aux châtiments

Ce fils qui , sahs espoir , pressé par. la misère,

A dérobé le pain qui dut nourrir sa naçre.

• ' * Consulte enfin ton cœur : tu feras ton devoir.

Quant à moi, si le cuti seconde mon pouvoir,

J’ajoute l’ôccident à ton vaste héritage.

La,terre entre nous deux aujourd’hui se partage :

Je vais la conquérir, tu vas la consoler ;

Tiwsécheras les pleurs que je ferai couler.

A regret dans le Nord je porte les alarmes:

Du moins que les captifs, enchaînés par mes armes,

go , , LA CLEMENCE.

Désormais , à Eabri des cirques inhumains ,

Nesoient plus exposés aux regards des Romains,

Dans ces jeux où J’on ^it, outrageant la nature, .

L’homme donner au tigre un homme pour pâture.

O César, prends pitié de leur triste abandon !

La clémence avec eux n’est pas même un pardbn : Que dans Rome , éloignés de leur te fie chérie,

Ils trouvent un asyle, et presque une patrie.

A la loi des chrétiens i’esLp toujours soumis;

Vois Jésus, sur sa croix, mort pour ses ennemis.

Que Jupiter vengeur s’annonce par la foudre; Croyons plutôt, mon lils , au Dieu qui sait absoucfre?

Ah! si, toujours fidèle à tes commandements, ,

Mon Dipu, j’eùsse écouté les tendies mouvements Que donne la pitié, que la nature inspire,

LA CLEMENCE

Je n’aurais point d’un crime épouv&i té l’Empire!

Cr jjspus vivrait encore ! ét mes yeux, sans effroi ,

Contempleraient le ciel! mais je ^ornials taMoi;

Mes pleurs eîfaceront un instant de démence ,

Car le Dieu que j’adore est un Dieu de clémence.

EPITRE

sur l avenir'.

limnortulia ne spercs monct annus, et ahmini Qua: rapit hora dieni.

Quis soit an adjieiant liodiernæ (pjastina stimula:

Tempora Di supen? pi « '

N , ' Hui; ai .

L’AVENIR

ÉIMT I! K

A M. Alphonse -L. de M.

J e suis profond observateur :

. J’ai vu l’énorme petitesse D’un monde vjiin dans le matheu»;

J’ai vu des sots de toute espèce,-

„Ooyant arriver au bonheur

Par le chemin de la richesse ,

Passer leur maussade jeunesse

«Dans te trayàil ’fct la douteur k ,

Quel est. le but de tapt de peine?*

y6 L’AVENIR. /

D’avoir un jour un gros trésor.

On brave les mers de Tyrrhène

Et le climat du Labrador;

Enfin, devers la cinquantaine,

Lé trésor vient; on veut encor

Posséder un fief, un domaine,

Des prés , des bois ,‘ une garenne :

• De nouveau l’on, traîne la chaîne;

Plus tard ou prendra son essor ;

lyfonsieur éclipsera Mondor ;

Madame sera châtelaine;

Les honneurs viendront avec Por.

' C’est ain$ que l’homme dépensé,

Et sa Jeunesse et ses beâux^ jours ; m

1 1 passe le tamps des Amours

L’AVE N iR.

Dans le comptoir de la Finance; *

il*

Et, dans Page de l’impuissance ,

Sans appétit et sans désirs , »

11 fait iin< appel au» Plaisirs^

Lorsqu’il voit la IJÆort qui s’avance.

Ta n^’accuses d’indifférence * : * * - • r .

Pour l’avenir; ah! moç ami',

€ent fois»je‘Vnc suis endormi

A force devoir, en silence,

Médité ce sujet inpneuse. * •

’J’eç ai Sondé liÉ profondeiu\

Abjure un reproche bizarre ; -

Je vais, dissipant ton erreur, . .

ffe l’avenir que je 'prépare * >

T’offrir le tableau séducteur. *

98 * L’AVENIR. -

* ii. .

Que faut-il donc à la vieillesse ?

1 St.

Des souvenirs et dü repçs.

Lorsqn’aupr^s d’une enchanteressè

♦ •?(¥ ' ‘il A ^

Je cpiirs, rayonnant d’allégïessç, *

Cueillir les myrtejs de Paphos ,*

• Crois-tu que, dans ma folle ivresse.

Tombant muet entre ses bras »

Pour mon plaisir seul , je caresse .

Et ses cheveux et ses appps?

Non : connui? mieux ma grcvoyanee ;

• De loin meu^lanfemon avenir,

J’agis én sage, et, jjkr pruflenée,

Te nie prépare un souvenir.

Pour* lé repas, c’est le parta^*

* <fc.

— , ' Du mortel libre et vertueux:

L’AVEN JR.

% iLest l’objet tle* tous mes \*œux;

'.Il est la volupté du sage.

Mà^>, mon ami, pour Pobteniu»,

ai» . *

Il faut le mériter d’avance';

Bien loïn dé nous il faut bannir

L’ambition ej d’opulence ;

Les honneurs causent. du souci,*' s ’ * * * ■ f * La richesse nous importune : *

Pour moi, je* les évite; aussi

Jefserai toujours , dieuTmerci,

Bien à fabri deJa fortuné.

Quand ces douces émotions;

• Ces trahsports, ces désirs * ces flammés,

Alime^Js de nos paissions ,

&étein<Jropt au fond de nos âmes,

oo L’AVENIR.

Changeant de plaisirs et de lieux».

Fuyant le' tumulte et la ville, \

Bergers, chasseurs, fâpte de miftifx , Nous irôns, dans champ fertile^

Sous la protection des dieui,

Jouir d’un destin plu% tranquille ,

Maïs, non pas moin% délicieux.*

Verrière , Aulnay \ plaines fleuries } limpides e&u* , champs parfumé*

Par le cytise des prairies , * *. •

Beaux lieux , témoins accoutumés *. .

De nos plus*doSces rêveries,

De «os promenades çhériesy * • * •

Un jour, en sages transformé, % X .* %

Amis de la belle nature, ^

L’AVENIR

Gaimrcnèmous philosopherons

‘ Sous vos arcades (Je verdure ^ Dans fitas discours nous pl^cejron*

La morale avec • les chantons , ^

Et Sénèque près (KËpicure ?

D’après eux sèuls qou’s agirons ;

Nos mains leur bâtiront des* lompfc 1

Et dajxs ces‘ teîhples nous suivions

De P un les charmantes leçons ,

De l’autre les charmants exemples»

vin sommet d’un mont^sinueux ^ Sera plqcé rîotre ermitage ; " •

Un bois, une vigne, ufl bocage, • Dans leurs abris voluptueux •

Engîohei'ont nôtre apanage. ,

*if>» ' . L’AVENIR.

Auftoul tle nous , le paysage, •

Déroulant œs. sites nombreux,*'’ **

Nous montrera le chêne antique,

«j Des.humams pere nourricier,

Qui prêta son rameau fcivique

• * ‘ % A l’orateur; comme au guerrÎQ' : •

jàk •*

'(tous cfèux , sous son ombrage immense, * Npus reposerons à l’écart ; #

‘ Ricins 4e la hère souvenance

Jpe Saint Louis. et de Bayard. . t

*• *, Nous verrons,, auprès de U rivé,

Le «aule, ornement des*toipbeaüx ,

Voiler encor de ses rameaux

f Une naïade Cugitive. » >

io3

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