TV AVENIR
" ^Dajis le Iqfnjaini ces lourtîs monceau^ \ .
:. vDé pierres, tie débris nouveaux, .
. ** ' Que*, ppur les rendre pijtorésques , "• ,
V. ^ftpysjprpn^rotis pouede vieux créqpaux , Tïàtis è au temps' chevaleresques , * '
r % 4, ijT . . . j ' x - ,»
’ , ^ nos pœurs^ prompts à s émouvoir,
■ ottJ^e des^ïensers sombres;*' ' *
•Kt lorsque là clarté du^oir' • # *
«\ • ' répandra sur ces encombres , • * . -- k
• ^ ** , ♦ 4 Vf
. irons Croirons ^pir errer les ombres . ♦
- ', Qüs'diafelaïûs de ce^hninoir. ‘ * k «
v Ainsi"*, lorsque d'aine s’oublie
bans Ces tendrds épanchements
Donnés à la mélancolie,' 1 •
Nbus saurons, d’ans mille romans
IO/j
L'AVENIR
^Évertuant nôtre mémoiFe,**’ -
Evoquant la fable et l’histoire,
♦'Noos entourer d’enchahttmejits ,
P’amours, de vertus et dp “'gloire. . • ' .
Tels on vit nos rois* fainéants , „ • » .
^Déléguant jadis à «leurs rnaires % *•*
*Le soin des jppôts et des guerres
Sous l’aile de jjpurs suppléants,
Jouir , sans trouble et sans affaires,
. * . Loin des sots et des métré in ts : • *.
. . Tels, imitant leur, indolente :
'Pour gouverner notre chalet,
Nos revenus, notre dépense.
Nous emprunterons l’assistance * .
yt- •
• D’une régente en bavolet,
L’AVENIR
• En sHuplejuponde futaine,
*. Au gied mignon , à Pair follet ,*
. • , Qui Veillera sut* le domaine;
‘ Tandis qu'au’ vivier de la plaine,
% . f’Arnié d’un iaîrge et long filet , ,
*. ' • * ; -'Çn prendras goujojns par douzaine;
• "• •. * TE* que, plus üersqu’un capitaine,
*.•^*^4X0 conduirai le'batelet, ... «
. ' ' Eà,mohs*riant de la faiblesse, *
\ ; * +Ûes plaisirs , 'souvent dangereux ,
• - '* , # • ' jf. * :
--••‘T/ v* ^u^er citadin de Lutèce,
• *NoûS aurons , pour toute richesse ,
. ^ Des fleurs, tme hjre , des j$ùx,
'**' iVtttrc Smi|,ié, no trempa rosse,
* * . ■ ;ÎA 1-habitùde d’être heureux.
io6
* L’AVENIR
Sitôt quç l’Aurore empourprée,
Ranimera, par ses appas,
La Nature décoloréé ,
Tôus deux, un fusH sous 1c bras,
Nous partirons* s pour «lettre à bas *«
* . «* * • « Quelque a loftette*désœuvçée‘, " *
• ** *• ! ’ ♦ fc * .
Espérance de nos repas.
Mais nous nous garderons , |Ô pense* * ,
D’imiter ee petit chasseur,- . V <• , .
€ntrépide dévastateur * \ ^ .
De toute lapinière engeance*, < > %
Qui , courant par mont», par sentier,* ^ *
D*un plaisir, se fait un mé^er^ “ < . .
Et qu’or» crqirait , felans^sa déméhce, ' '
Être çouru par* son gibier: # - # ■**' • ..
L’AVENIR. ’ iü-7
* Non : comptant sur la providence*,
• * Nous attendrons patiemment;
* Et les perdrix étourdiment •
Viendront, par bruvante volée,
'Àve£ qn long bruissement, • .
S’abattre au.fon<ftfë la Vallée, . ,
OCi nous déjeûueron j^aiïnent ;
Nous lesterons tranquillement; ' ^
Et notre jeune ménagère
De sa Ynain adroife légère ...
♦ Eh 1 mais , qiiè fais*je ? jles préfets ?
, Sur l’avenjr c’cs£ un à-compte ; j . .
Je le sais ; mais souvent la hojitfr.
‘Leur succède av^c*1es regCets. . . ' a
Aux jours brillants de la’ jeunesse r •«
Rever est bon ; jouir vaut mieux-.
L’AVENIR
.* L’objet qui le plus m’intéresse • *
Est celui qui frappe mes yeux.
Cet avenir épü nous occupe
Deviendra présent à son tour:.
Je l’attends ep faisant l’amoprj Je veux être jusqu’à- ce, jour *
Son débiteur, et non sa dnpe.
Les hommes sont de grands enfants
Chacun se bâtit up système;
Leur but est constamment le même ,
^ • - .Ve
Et Idiirs. mqyen» sont différents* «
Dans la*roûtè de l’existepfce , V
Un gpette^, on cherche le bonheur; Mais l’un ehemihd’ 1 avec lenteur, *
Ew-croit agir avec prudence :
Il rêve un destin enchanteur^
Et pense qtie le dieu volage,
Pour réaliser son erreur ,
L’attend au bout de son voyage.
Ami des plaisirs, du fracas,
Donnant dans un excès contraire ,
Cet autre s’élance à grands pas,
L’atteint dans sa course légère ,
Le voit, ne le reconnaît pas,
S’écarte et poursuit sa chimère;
(Car le bonheur a des appas
Cachés aux regards du vulgaire. )
Pour moi, je le tiens aujourd’hui; Je veux le conduire, et j’espère Finir ma route auprès de lui.
Tu vas crier au fatalisme ,
L’AVENIR
Et , par ton erreur emporté ,
De mon doux épicuréisme,
Attaquer la solidité;
Arrête : je te veux convaincre ;
Et si d’abord j’ai trop flatté
Cet i avenir, ta déité,
Je me rétracte , et je veux vaincre r Ta bizarre incrédulité. #
.Voudrais-tu toujours te repaître De l’espoir d’un beau lendemain ?
Ami , le présent est certain ,
Et l'avenir n’est qu’un peut-être :
Il meurt sitôt qu’il vient à naître ;
Nous l’approchons, il fuit soudain.
Ainsi, dans l’infernal empire ,
L4VENIR
En proie au tourment de la faim , Tantale convoite, désire Ces fruits dont la couleur l’attire , Et qui s’échappent de sa main.
Ou tel l’horizon se recule Devant le voyageur lassé ,
Qui succombe enfin, harassé,
Au pied des colonnes d’Hercule.
Tel encore, aux champs de la nuit Portant sa trompeuse lumière,
Le feu follet brille, s’enfuit.
Et précipite dans l’ornière Le pauvre diable qui le suit.
Te voilà convaincu, j’espère,
Par ma triple comparaison ;
L’AVEN*ft.
Car, chez le peuple littéraire , C’est là le langage ordinaire,
Et le soutien de la raison.
Mais déjà ta riposte est prête :
Il ést encore un avenir, •
Noble héritage du poète !
Dis-tu : las ! j’en dois convenir ,
Celui-là fort peu m’inquiète ;
Et défends-le, car je m’apprête
A le siffler , à le honnir.
Ami, c’est une sotte envie Que de sacrifier, sa vie Pour faire un peu parler de soi :
Va, l’immortalité, crois-moi,
Est une chose bien futile !
L’AVENIR
Ce globe est construit faiblement :
Pourquoi placer un monument Sur une base aussi fragile ?
Un jour , d’un coup de son trident,
Neptune ébranlera la terre ;
Et l’onde, au loin se répandant, Submergera cet hémisphère.
Eh bien ! messieurs les beaux esprits Que deviendront tous vos écrits , Lorsque la Méditerranée Visitera.notre Paris? ,
Adieu les plaisirs et les ris!
On verra la mer mutinée
Rouler, à traver ses débris,
Les beaux jetons de l’Athénée.
Plus de discours, plus de sermons;
L’AVENIR
On verra la bande ennemie
Des brochets et des esturgeons Nager en pleine académie. .
Mais, direz-vous, si l’Océan
Veut bien respecter ses entraves ?
Eh! mes amis, quelque volcan ✓
Viendra nous couvrir de ses laves ;
Et , partout filtrant ses ardeurs ,
Cuira notre vin dans nos cafés.*
Recédant ses feux destructeurs \ .
La terre aride, desséchée,
Ne produira que quelques fleurs
Sans fruits, sanà' force, sans couleurs; Pâle , et sur sort urne penchée ,
La naïade , du sein des eaux ,
L’AVENIR
Levant ses paupières mourantes ,
Verra ses deux rives fumantes • i
S’ouvrir et dévorer ses flots.
. * ft
Des humains la troupe affamée, Errante en des climats divers, * Ne pouvant vivre de fumée , Oublîra la gloire et les vers.,.
Et la bavarde renommée
'^S’exilera de l’univers.
Enfin, si notre pauvre inonde,
* Vainqueur des volcans et de l’onde
Nous restait en propriété;
Un jour, le sofèil emporté ' •
Loin de ce globe inhabité, . •
Laisserait la terre inféconde ,
L’AVISNIR.
Et sans chaleur et sans clarté :
Parlons donc d’immortalité !
Mon cher Alphonse, soyons hommes;
Rions de la postérité;
Vivons pour le temps où nous sommes.
Appelle ‘Nelvie et Myrté :
Au sein d’une douce paresse Plongeons-nous avec volupté;
Que les plaisirs et la tendresse Occupent notre oisiveté;
Et faisons dormir la sagesse
Sur les genoux de la beauté.
Tranquille sur mes destinées ,
Je jouis d’un sort enchanteur;
Je verrai mes vieilles années
L’AVENIR
Par le souvenir enchaînées
Aux jours brillants de mon bonheur.
Et tel, s’éloignant d’une plage
Couverte de fleurs, d’arbrisseaux, f Où le murmure du feuillage
Se mêle au ravissant $amage
Des fauvettes et des ruisseaux',
'je. v
Avant de franchir les^cqteaux , *
Le voyageur ^dit : c’est dommage ! v # Il promène encor son üegard* - *
Sur les gazons , sur le rivage ,
Et sourit à. leur douce image
îsqu’à l’instant de son départ.
Jusqu
* VK
Ainsi , terminant mon ^yage , Et, pfêt à partir pour les deux, ,
ODE