‹ Poemes, odes, epitres, et poesies diversesChapitre 15 sur 25 · SUR LA. MORT D’UN JÉ^NE POÈTE · texte numérisé non relu

SUR LA. MORT D’UN JÉ^NE POÈTE

De l’horrible Apeiuiin osant tenter la cime,

L’aiglon essaie un vol audacieux :

Il s’élance; un trai| siffle.... il tombe dans l’aMme, *

• ^ fc .

En regrettant les cieux. ; . . *

Aux bords du frais Caïstre, aux rives du Méandre , On vit jadis des cygnes accourir;

Leur voix devint flexible , et leur chant pur et tendre :

Puis on les vit mourir!

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ODE

Ainsi , quand le |5ôète, en scfn jeune déjÿ'e, Va préluder à son premier, accord,

.Le 'bruit harmonieux de sa naissante lyre

Semble éveiller la. Mort*

On croit voir du Cynth us 'quelque muse funèbre

Vers lui descendre , une lyre à la main,

S’écriant : Hâte-toi de devenir célèbre : 4

Il n’est plus temps demain!

Ou plutôt, dieu des vers, dieu cruel d’Aonie,

Peu de mortels, pour ton culte formés,

Renferment dans leur cœur les foudres du génie ,

Sans tomber consumés.

Apollon, qu’as-tu fait de la foule idolâtre

Dont la jeunesse appelle nos regrets?

SUR LA MORT D’UN JEUNE POÈTE. îïi

Et Dorange efc Bertin, Gilbert et Maltilâtre,

Sont-ils morts sous tes traits?

Millevoie, à fa muse élégante et féconde, #

Subit, comme eux, ta parricide loi;

Et son jeune rival ,f encore de ce monde, N’est plus vivant pour toi. »

Il semble qu’alarma de ces fatals exemples ,

Te maudissant, et prévenant son sort,

Il a brisé son luth, et fui loin de tes temples • .Çour éviter la mort.

Tel on voit l’alcyon bâtir son nid fragile Et s’y bercer sUr les flots inconstants ;

* M. Victorin F.

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Mais bientôt effrayé , s’enfuir d’un vq^ agile

A l’aspect, des Autans.

D’un poète naissant , aujourd’hui thème encore,

La Mort finit les suaves concerts.

Apollon, a’est-ce plusauPinde qu’on • t’adore ?

Est-ce donc aux enfers?

Tu l’avais ihspiré, ce fils de Mnémosyne;

Son ame ardente, exhalait tour à tour,

Et les brûlants transports d’une ferveur divine, .

» • Et les soupirs d’amour. *

Sa muse, aux longs regards, rêveuse, solitaire, Se prosternait aux autels de nos dieux! ;

Jr

Et, sur des tons nouveaux, redisait à la terre

‘Des chants |aits ponrdes cicux.

SUR LA MORT D’UN» JEUNE POETE. ia5

Noble et tendre Ophélie, amante infortunée, Dont son trépas fit rétci*nel malheur,

Tu vis donc se flétrir sa belle matinée,

Et son genie en flettf l

Expirant dans tes bras , il tfspérait encore

Tirer du luth des sons inattendus;

Tout à coup il «s’éteint, comme un doux météore, Qui brille et qui n’est plus.

LA RENAISSANCE

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