SUR LA. MORT D’UN JÉ^NE POÈTE
De l’horrible Apeiuiin osant tenter la cime,
L’aiglon essaie un vol audacieux :
Il s’élance; un trai| siffle.... il tombe dans l’aMme, *
• ^ fc .
En regrettant les cieux. ; . . *
Aux bords du frais Caïstre, aux rives du Méandre , On vit jadis des cygnes accourir;
Leur voix devint flexible , et leur chant pur et tendre :
Puis on les vit mourir!
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ODE
Ainsi , quand le |5ôète, en scfn jeune déjÿ'e, Va préluder à son premier, accord,
.Le 'bruit harmonieux de sa naissante lyre
Semble éveiller la. Mort*
On croit voir du Cynth us 'quelque muse funèbre
Vers lui descendre , une lyre à la main,
S’écriant : Hâte-toi de devenir célèbre : 4
Il n’est plus temps demain!
Ou plutôt, dieu des vers, dieu cruel d’Aonie,
Peu de mortels, pour ton culte formés,
Renferment dans leur cœur les foudres du génie ,
Sans tomber consumés.
Apollon, qu’as-tu fait de la foule idolâtre
Dont la jeunesse appelle nos regrets?
SUR LA MORT D’UN JEUNE POÈTE. îïi
Et Dorange efc Bertin, Gilbert et Maltilâtre,
Sont-ils morts sous tes traits?
Millevoie, à fa muse élégante et féconde, #
Subit, comme eux, ta parricide loi;
Et son jeune rival ,f encore de ce monde, N’est plus vivant pour toi. »
Il semble qu’alarma de ces fatals exemples ,
Te maudissant, et prévenant son sort,
Il a brisé son luth, et fui loin de tes temples • .Çour éviter la mort.
Tel on voit l’alcyon bâtir son nid fragile Et s’y bercer sUr les flots inconstants ;
* M. Victorin F.
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Mais bientôt effrayé , s’enfuir d’un vq^ agile
A l’aspect, des Autans.
D’un poète naissant , aujourd’hui thème encore,
La Mort finit les suaves concerts.
Apollon, a’est-ce plusauPinde qu’on • t’adore ?
Est-ce donc aux enfers?
Tu l’avais ihspiré, ce fils de Mnémosyne;
Son ame ardente, exhalait tour à tour,
Et les brûlants transports d’une ferveur divine, .
» • Et les soupirs d’amour. *
Sa muse, aux longs regards, rêveuse, solitaire, Se prosternait aux autels de nos dieux! ;
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Et, sur des tons nouveaux, redisait à la terre
‘Des chants |aits ponrdes cicux.
SUR LA MORT D’UN» JEUNE POETE. ia5
Noble et tendre Ophélie, amante infortunée, Dont son trépas fit rétci*nel malheur,
Tu vis donc se flétrir sa belle matinée,
Et son genie en flettf l
Expirant dans tes bras , il tfspérait encore
Tirer du luth des sons inattendus;
Tout à coup il «s’éteint, comme un doux météore, Qui brille et qui n’est plus.
LA RENAISSANCE