‹ Poemes, odes, epitres, et poesies diversesChapitre 25 sur 25 · DÉDIÉE AUX HOMMES DE TOUS LES PARTIS · texte numérisé non relu

DÉDIÉE AUX HOMMES DE TOUS LES PARTIS

P auvbe petit ruisseau, je suis faible , mourant : Mais advienne un orage , et je serai torrent.

« Poukquoi tes vêtements et de bure et de laine, « En un lin éclatant se sont-ils transformés?

« Jeune fille, pourquoi, d’espérance enflammés,

« Tes avides regards plongent-ils dans la plaine?

« Tu semblés fuir le passant indiscret;

« Et le long des ramparts, solitaire, muette,

« Je te vois, en rêvant, cueillir, d’un air distrait,

« Le bluet, le pavot et l’humble sarriette :

« A qui destines-tu ce champêtre bouquet?

«Jeune fille, un amant sans doute,

« Seul, te fait rêver en ce jour;

« C’est lui que ton regard poursuit sur cette route;

« Ton bouquet l’attend au retour.

« Faible et naïve encor, jeune fille, redoute « Les effets d’un premier amour.

« Pour vous, hélas! beautés novices,

« Votre bonheur, votre tourment,

« Vos vertus, ainsi que vos vices,.

« Tout dépend d’un premier amant.

« Si le tien, jeune fille, étranger au parjure,

« Doué d’un amour vrai , d’une ame noble et pure , a Pense que la eandeur unie à la bonté,

« Sont la plus brillante parure

« Qui puisse resplendir au front de la beauté;

« A ses yeux, pour être plus belle,

Diqi

« Chaque jour tu voudras d’une vertu nouvelle « Revêtir encor tes attraits;

« Et , dans une si douce envie , - « Tu sentiras passer ta vie « Sans ennuis, comme sans regrets.

« Peut-être ce mortel et si noble et si tendre, «Exilé par le sort, moissonné dans tes bras,

« Un jour, va te laisser exposée aux appâts « D’un monde corrupteur que tu ne peux comprendre. « Mais alors, comme lui, son chaste souvenir « Doit protéger encor ton heureux avenir;

« Et si d’un autre amour tu ressentais l’ivresse

« Puisque hélas! il est vrai qu’on peutaimer deux fois,

« Tu voudrais, dans ton second choix,

« Retrouver du premier la paix enchanteresse;

« Car on sent le bonheur alors qu’il nous délaisse :

« Pour nous les jours heureux sont les jours d’autrefois.

« Ainsi ta naïve tendresse « Se survivant dans tes autres amours,

« Viendrait te rappeler sans cesse « Le bonheur de tes premiers jours.

« Tel l’odorant jasmin qui naît avec l’aurore,

« Et que l’aurore voit mourir,

« De ses débris parfume encore « Les plantes qui viennent éclore « Sur le sol qui le vit fleurir.

« Mais si l’amant aimé dont tu reçois l’hommage,

« Corrompu dans ses moeurs , capricieux , volage ,

wm

LE PREMIER AMANT.* i45

« Du plaisir ne suit que la loi,

« Pour hâter les instants d’un bonheur éphémère,

« Raillant de ta pudeur le salutaire effroi ,

« T’enivrant des poisons d’une morale amère ,

« Il vaincra dans ton cœur les conseils de ta mère, « Et les préceptes de ta foi.

« Bientôt de ses leçons te formant un système ,

« Capable, grâce à lui , de le tromper lui-même,

« Tu verras dans l’amour un lien passager « Qu’un instant peut rompre et changer.

«Alors, réponds-moi, jeune fille;

« Au village , que ferais-tu ?

« Étrangère aux plaisirs communs à ta famille,

« Le cœur de désirs combattu ,

« Empruntant un langage inconnu des campagnes,

« Mais un tel sort jamais ne peut t’atteindre;

« Jeune fille, pardonne aux terreurs d’un vieillard;

« Moi, des jours qui viendront je n’ai plus rien à craindre; « Et de ton avenir j’aime à prendre ma part. »

J’allais parler encor; mais près de la charmille Qui borde le chemin , un homme est descendu ;

Et je vis que la jeune fille De mes discours n’avait rien entendu.

Ses oreilles , ses yeux , tout son cœur éperdu , N’écoutaient, ne voyaient que son amant, sansdoute.

Il franchissait déjà la route :

Son air était leste et tranchant ,

Il marchait à grands pas, fredonnait en marchant;

Un doliman, couvert d’une molle fourrure,

S’attachait à son cou nerveux ;

a/,8 LE PREMIER AMANT.

Un casque de hussard couvrait ses blonds cheveux ;

Un grand sabre, un plumet coinposait sa parure.

Un soldat rarement est fidèle en amour :

J’eusse aimé mieux lui voir le sarrau , la faucille.

Tu penseras ainsi peut-être quelque jour,

Songe au premier amant! au revoir, pauvre fille!

Trois ans après, je la revis, hélas!

Elle, n’attendait plus.... sans espoir, isolée.

Elle était pâle , désolée : •

Un enfant pleurait dans ses bras;

De son village on l’avait exilée,

. Et vers Paris elle portait ses pas.

. ( £obéiz;

^ImJwruiAj, tru, Ic^^cZe^y (ïefj&é/jn? . . . .

J^ / ^VnÀctl^' tjUXy^^' c *^ tL ' ^ét-OUÏ^ . . . , ^3,

,S^7i^f Cjujyfr f^'Trt cy/i'l- îrit*/MJ&/-J' • • . * • • •

. O itej ol, ï** Dz.' /tJcJjtcyiMxj- . . < 0 / , -,

^'(xM&*iÂsr nr J f'tjis . » • • • *

éwrh isrruftAj .

/ôiStAntxÀJJiJM^C; b/Z/ce&-/cA

'TTCuîXç&C txyccjs/xrfxA^ j trt!tes ■ «••». J/^

ÂiZiCajL; utwo c ^rec«/- Jy^**

TLtïtâx o /£#,.

/Ms&yrejL> d'ctsmxrusr ' . ..... . %4j * |

ozAcmujl&u ~ . J2^7»

^aL*7iAni*~ e^txsc&s i? jM •

isVcZyt-ZLJ TJOj.

^fjucn^y^ (3^ rS*l&££*-S*T~' j£2>S~*

JjiStujûte&auj^, ^ZdXüZs • . . . . »

/ksÿ^02*n)L&)r' aumxjuniïZj •

fi

'-^afet' g . \ ■

Page 1