‹ Poemes, odes, epitres, et poesies diversesChapitre 8 sur 25 · A LA NYMPHE DE BELLEVILLE · texte numérisé non relu

A LA NYMPHE DE BELLEVILLE

Liberté , l’honneur de ton culte

Soutient encor tes oppresseurs ;

Tu reçus l’outrage et l’insulte Des mortêls nés tes défenseurs.

Telle une horde sacrilège •

Brise l’arbre qui la protège • '

Pour mieux en recueillir le fruit;

Ainsi , ceux que maudit la France '

Ne doivent encor leur puissance

. Qu’au jnonument qu’ils ont détruit.

. ; ■ni

Si Cassandre fut outragée,

Nouveaux Ajax, rappelez-vous Que Cassandre aussi fut vengée ,

Et que le Ciel combat pour nous !

Mais pourquoi , fcj&c citoyenne*, , ■.

• . -, ODE

Tes sons viennent-ils me trahir ? »

Les partis veulent de la haine, *

Et mQi je ne sais pas haïr.

Ah ! distrais-moi de ces pensées ,

Nymphe charmante de ces lieux ,

Et de tes gloires éclipsées

Viens encor réjouir mes yeux.

Ici , de sa muse piquante ,

. Tantôt vierge , tantôt bacchante ,

tavart écoutait les accents;

Là, Léonard, simple et tranquille ,

Couronnait l’églogue et l’idylle Des primevères de tes champs..

Dis-moi lequel de tes bocages Est en honneur chez lés amants?

A LA NYMPHE DE JpXLEVILLE. 71 Dis-moi combien sous tes ombrages

On échangea de faux serments ?

D’une amour > même passagère,

Non, ne trahis point les secrets;

Et de ton écharpe légère

Cache les heureux que tu fais.

♦ Mais, entre Paris et la plaine,

Quels sont donc ces monts escarpés ,

Qui d’une foudre souterraine *

Semblent avoir été frappés * ? •

O mère infortunée ! O France! '

C’est là que pour ta délivrance,

Tout à coup devenus soldats ,

* Une partie des buttes . Saint - Chaumont , située sur d'anciennes carrières, vient de s’écrouler récemment.

>72 ' . ODE ’

Tes fils, glorieux de leur tombe,

S’offraient , héroïque hécatombe ,

Au Dieu térrible des combats.

Pardonnez-leur un jour de gloire ,

Vous qui riez près des tombeaux ;

Le désastre , et non la victoire , .

Ferma les yeux de ces Héros *.

Gloire à leur nom ! Paix à leur cendre !

Pour vous seuls bravant le trépas,

S’ils sont morts, c’est pour vous défendre,

Du moins ne les maudissez pas.

St.-Chaumont, tes buttes funèbres

Plaisent à mon cœür attristé:

„ * On sait comment,, à la première entrée des armées

coalisées , se sont montrées la garde nationale de Paris et l’École polytechnique.

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