A. H. TAINE
Counais-tu la maison basse Où ia logeras un jour?
On a mesuré l'espace :
L'herbe foisoime alentour.
Elle .i'a point de fenêtre; C'est un logis assez noir; Au dedans, l'on n'y peut voir; Au large nul n'y peut être.
L\ MAISON. i25
Les côtés en sont étroits, L'un et l'autre bras y touche; De bois blanc sont les parois, Sur le bois blanc l'on se couche.
Quand on posera ton front Sous le toit qui )a domine, Tu sentiras le plafond Appuyer sur ta poitrine.
L'air y manque, et cependant Jamais, accusant son gîte.
L'être pâle qui l'habite Ne se plaint en descendant.
Un la place en un lieu grave.
Dans une blanche cité,
126 LA MAISON
Ou l'on s'arrange une cave Pour toute l'éternité.
Elle a, si le bruit te pèse, Un silence sans pareil. Veux- tu dormir à ton aise Rien n'y trouble le sommeil.
Il y fait froid, l'été même, Oh! bien froid, quand vient la nuit.
Et nul être ne t'y suit.
T'aimât-il d'amour extrême!
Tes amis, le chapeau bas, Viendront pour te faire escorte; Mais les plus chers n'iront pas Plus loin que la sombre porte.
LA MAISON
Elle s'ouvre devant eux, Béante dans l'herbe verte; Quelques pleurs servent d'adieuï On la ferme, à peine ouverte.
De la terre par-dessus,
De tous les côté* la ferre;
Kt puis, il ne reste plus
Uien de toi, qu'un grand mystère