‹ Poèmes populairesChapitre 34 sur 43 · LA PROMENADE · texte numérisé non relu

LA PROMENADE

Ils allaient se croiser tous deux sur mou passage,

L'aïeule aux soins si doux, et le jeune visage;

Et je les devinais, elle, grave et grondant.

Lui, rebelle avec joie, et vif, et l'œil ardent,

Fier de montrer déjà ses petits pieds rapides,

Et troublant la graad'mère en ses bonds intrépides!

— Avec les vieux surtout, les enfants sont gaillards!

Mais je ne vis, au coin du mur, que deux vieillards.' Bras dessus, bras dessous, ils cheminaient ensemble; Elle guidait, d'un pas tremblant, le pas qui tremble. Fantômes d'un passé qu'on ne devine plus, Tous deux étaient courbés, flétris, tous deux perclus! Leurs membres décrépits se soutenaient à peine ; La marche les mettait, en dix pas, hors d'halei.ie, El je me demandais, ému du moindre arrêt. Comment chacun des deux, sans l'autre, avancerait! Rien ne me rappelait, dans ce couple qui passe-

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