‹ Poèmes pour l'enfanceChapitre 106 sur 312 · PRODIGALITÉ · texte numérisé non relu

PRODIGALITÉ

Le pelit mendiant, pieds nus, suit son chemin; De villai!;e en villaj^e il va tendre la main. Traînant à ses côtés son bàlon et sa miche ^, Car le rare passant d'aumône est assez chichî 3. Devenu forcément philosophe "^ et rêveur. Il marche d'un pas lent dans l'air plein de saveur, Ecoutant les oiseaux qui se cherchent querelle. Comme il est fatig"ué, près d'une passerelle ^ Il s'assied. Devaiit lui, les canards fendent l'eau. Tout en donnant la chasse au moindre vermisseau ^\ Alors, cassant son pain, lentement, miette à miette, Au milieu de leurs rang-s empressés il le jette 1 Car ce déshérité, prodig'ue et généreux. Se donne le plaisir de faire des heureux.

(Mii»e G. MiisuREun, Nos Enfants. Lemerre.)

1 . Prodigalité : action de dépenser sans prévoyance ce qu'on possède.

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