LA LUNE
Jeanne songeait, sur l'herbe assise, grave el rose; Je m'approchai : « Dis-moi si tu veux quelque chose, Jeanne? » Car j'obéis à ces charmants amours, Je les guette' et je cherche à comprendre toujours Tout ce qui peut passer par ces divines têtes. Jeanne m'a répondu : « Je voudrais voir des bêtes. » Alors je lui montrai dans l'herbe une fourmi : « Vois! » Mais Jeanne ne fut contente qu'à demi. « Non, les bêtes, c'est gros », me dit-elle
« Je n'ai pas d'éléphant sous la main, répondis-je. Veux-tu quelque autre chose? ô Jeanne! on te le doit; Parle. » Alors Jeanne au ciel leva son petit doigt : « Ça », dit-elle. C'était l'heure où le soir commence. Je vis à l'horizon surgir la lune immense.
(Victor Hugo, L'Art cVètre grand-père. Heizel.)
I. Je les guette : je les observe attentivement pour deviner ce (ju'ils désirent.
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