LA GRAND^MERE
(( Dors-lu?... Réveille-toi, mère de notre mère! D'ordinaire, en dormant, la bouche remuait; Car ton sommeil, souvent, ressemble à ta prière. Mais, ce soir, on dirait la madone de pierre' : Ta lèvre est immobile et ton souffle est muet.
Pourquoi courber ton front plus bas (jue de coutume?
Quel mal t'avons-nous fait pour ne plus nous chérir?
Vois, la lampe pâlit, l'âtre^ scintille et fume;
Si tu ne parles pas, le feu qui se consume.
Et- la lampe, et nous deux, nous allons tous mourir.
Tu nous trouveras morts près de la lampe éteinte; Alors, que diras-tu quand tu l'éveilleras? Tes enfants, à leur tour, seront sourds à ta plainte. Pour nous rendre à la vie, en invoquant ta sainte. Il faudra bien longtemps nous serrer dans tes bras!...