I.V Ml-: DES BKTES, K
Enfin, après un vit" juron, Klle leur distribue en rond Oualre ou cincj j^illcs nuUcrnclles, El, le silence élant complet.
Leur tend ses flancs charg-és de lait.
En refermant ses deux prunelles.
(Fran(;ois Fabik, La Po(^sie des hèles.
LonioiTe.)
196 LA l)l':(JOUVEI\TE DU MONDK.
LE TAl'UEAU.
Au-dessous de Ker-J3arz', dans la prairie immense Qui, courant vers l'izolc', au grand cliemin commence, Le loup entra la nuil, et, son coup achevé, Partit, repu de chair et de sang abreuvé. l'n taureau (pour le frère et l'ami qu'il regrette, Quel homme ferait mieux que n'a fait cette bête?), A l'instant où le monstre à travers les palus ^ S'échappait et, d'un bond, franchissait le talus '^, Le taureau, survenant à la fatale borne. Dans le ventre du loup plongea sa double corne; Et là, durant deux jours, au-dessus du fossé. Comme au bout d'une fourche il le retint fixé! Et les chevaux, les bœufs, les vaches, les cavales S'attroupaient pêle-mêle, et tous, par intervalles. Du côté des maisons galopaient pesamment Et poussaient à la fois un long mugissement.
1 . Ker-Barz : le mot « ker » sert, en Bretagne, à désig-ner soit une maison, soit, comme ici, un hameau.
2. Izôle : rivière qui se jette, près de Ouimperlé, dans l'Ellé.